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Trois jeunes jugés aux assises pour une équipée barbare

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- - Illustration - une balance de la justice - Archives AFP

Trois jeunes sont jugés devant les assises de Melun pour avoir agressé et humilié deux autres jeunes choisis au hasard, dans les rues de Meaux en 2014.

Ils sont accusés d'avoir, un soir de septembre 2014, racketté, humilié et infligé des sévices à deux victimes choisies au hasard dans les rues de Meaux : trois jeunes de 21 et 22 ans comparaissent de mercredi à vendredi devant les assises de Melun.

Ces trois accusés aux casiers judiciaires chargés, alcoolisés et sous l'empire de cannabis au moment des faits, devront répondre de séquestration, torture ou acte de barbarie et tentative de viol.

Le 10 septembre 2014, aux alentours de 22h30, ils hèlent leur première victime, un jeune homme. Selon les éléments établis par les enquêteurs, ils commencent par lui faire les poches avant de l'amener dans une épicerie pour se faire acheter de l'alcool. Puis c'est l'escalade dans la violence: le jeune homme, conduit sur un parking, est déshabillé, roué de coups, humilié. Puis obligé de s'allonger au milieu de la nationale.

Tentative de cambriolage

L'équipée "à la Orange mécanique", selon les termes de l'avocate de la victime, ne s'arrête pas là. Un deuxième jeune homme, âgé de 17 ans, est embarqué à son tour. Sous un pont, les agresseurs contraignent leur premier otage à humilier l'adolescent, qui est lui aussi dévêtu et frappé. Avant de subir une tentative de viol. 

Le calvaire prend fin vers 00h45, quand les séquestrés parviennent à s'enfermer dans l'appartement de l'un d'entre eux, où ils avaient été conduits, selon leurs témoignages, en vue d'un cambriolage. 

Dans un premier temps, deux des trois accusés avaient nié les faits, le troisième les reconnaissant mais avec une implication moindre. Tous ont désormais avoué, au moins partiellement.

Vie "détruite"

Selon Emmanuel Giordana, l'avocat de l'un des trois jeunes, "il y a un décalage énorme entre la gravité objective des faits et la personnalité" de son client, "un jeune homme bien élevé et agréable". "Il y a deux explications majeures : la consommation de toxiques et l'effet de groupe, sans lequel les choses ne seraient jamais allées aussi loin", estime-t-il.

Près de trois ans après, la vie de la première victime est "détruite" par "ce déferlement de violence purement gratuite", a relaté à l'AFP son avocate, Natacha Haleblian. "Lui qui était sociable, joyeux, vit désormais quasiment cloîtré. Il se sent en insécurité permanente." Un huis clos pourrait être demandé par la deuxième victime, mineure au moment de l'agression.

G.D. avec AFP