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Triple meurtre à Sarcelles: la veuve d'une victime dénonce l'absence d'enquête

Le policier a tué trois personnes à Sarcelles en novembre dernier.

Le policier a tué trois personnes à Sarcelles en novembre dernier. - AFP

Le 18 novembre dernier, un policier a tué trois personnes et blessé sa belle-mère, sa compagne et la sœur de cette dernière avant de se donner la mort. La veuve d'un homme qui avait tenté de s'interposer va déposer plainte pour obtenir des réponses.

La veuve d'une victime tuée par un policier à Sarcelles, au mois de novembre dernier, réclame des réponses. Ourdya Perrier va déposer plainte avec constitution de partie civile pour déclencher l'ouverture d'une information judiciaire sur le triple meurtre qui s'est produit le 18 novembre dernier. Son avocat va également saisir le tribunal administratif pour engager la responsabilité de l'Etat, précise-t-il au Parisien.

Ce 18 novembre, Arnaud Martin, 31 ans, gardien de la paix dans une compagnie de sécurité et d'intervention à Paris, a fait usage de son arme pour blesser sa compagne qui venait de lui annoncer son intention de rompre. Le fonctionnaire avait poursuivi son parcours macabre en abattant deux personnes, dont le mari d'Ourdya Perrier, qui tentaient de s'interposer. Il avait ensuite tué son beau-père et blessé la femme de ce dernier ainsi que sa fille, avant de se donner la mort.

"Mort pour rien"

"Mon mari est mort pour rien", dénonce Ourdya Perrier, qui déplore l'absence d'enquête, puisque le policier est mort, ainsi que le manque de soutien des autorités. "On m'a laissée seule toute la nuit" du drame, rapporte-t-elle au quotidien, détaillant les démarches lancées pour obtenir une aide psychologique ou pour tenter d'obtenir des réponses. "Il faut que je l'accepte sans rien savoir? Sans recevoir aucune aide ni matérielle ni d'aucune sorte?", s'emporte celle qui doit s'occuper, seule, de ses trois garçons.

Son avocat abonde, estimant qu'il reste des questions sur cette affaire: le policier souffrait-il de troubles psychologiques? Avait-il des antécédents? Ses collègues avaient-ils perçu un malaise? Etait-il surmené? Me Frédéric Zajac déplore également le manque de réaction de l'Etat alors qu'au lendemain du drame, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, avait indiqué que les policiers resteraient armés en dehors de leurs heures de service. 

"C'est juste inadmissible pour la famille", rétorque Me Zajac. "48 policiers se sont suicidés en un an, 16 gendarmes. Ils ont fait six morts autour d'eux et cela ne pose aucun problème?"

J.C.