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Thalys: Marc Moogalian raconte comment il a arraché son arme à Ayoub El Khazzani

Des policiers enquêtent sur la scène de crime après l'attaque du Thalys

Des policiers enquêtent sur la scène de crime après l'attaque du Thalys - Philippe Huguen - AFP

Depuis le 21 août 2015, jour de l'attaque du train qui reliait Amsterdam à Paris, Marc Moogalian ne s'était jamais exprimé dans les médias. Le Figaro a pu recueillir son témoignage et publie, ce samedi soir, une interview de l'homme qui a probablement évité un attentat d'envergure.

C'est un héros discret. L'intervention de Marc Moogalian lors l'attaque du Thalys entre Amsterdam et Paris a été capitale pour éviter un carnage ce 21 août 2015. Ce Franco-Américain a donné une interview exclusive publiée ce samedi sur le site du Figaro. Un peu plus d'une semaine après les événements, il a voulu s'exprimer pour pouvoir livrer sa version des faits et son récit fait froid dans le dos.

"Cet homme va tuer tout le monde"

On connaissait déjà certains détails de la scène mais ce professeur d'anglais de 51 ans n'avait encore jamais raconté comment il avait vécu les événements. Tout part d'une intuition, il lisait tranquillement un article sur son téléphone portable, quand il a "vu cet homme entrer dans les toilettes avec sa grosse valise à roulettes", rapporte-il. Il trouve cela bizarre, prévient sa femme et lui dit de s'en aller. Il se dirige vers lui quand il voit deux personnes en train de se battre. L'un d'eux porte quelque chose qui ressemble à une arme. Il se dit alors: "Cet homme va tuer tout le monde. Il faut faire quelque chose."

"Et puis, je ne sais pas comment, j'ai réussi à arracher la Kalachnikov à l'homme", explique-t-il même si le procureur de Paris François Molins a indiqué plus tard qu'il s'agit en réalité d'un fusil d'assaut AKM chargé.

"Je suis touché. C'est fini."

Il dit ne pas avoir échangé de paroles et vu l'homme qu'il vient de désarmer. En revanche, il s'est éloigné en criant "I've got the gun" (j'ai l'arme). "J'ai fait 4 ou 5 pas et j'ai ressenti une douleur épouvantable, un choc qui m'a poussé vers l'avant. Je me suis écroulé et j'ai lâché la kalachnikov", rapporte-il. Il reconnait alors son inexpérience de ne pas avoir pensé que son assaillant pouvait avoir encore une arme, un pistolet automatique Luger M80, en l'occurrence. Il pense alors que tout est fini, il regarde sa femme et lui dit "I'm hit (Je suis touché). C'est fini." Il va ensuite assister à l'intervention des trois soldats américains aidés d'un Britannique qui permet la neutralisation d'Ayoub El Khazzani.

Ce professeur qui dispense des cours à Polytechnique, HEC et La Sorbonne, dit avoir vu tout cela comme dans un film au ralenti. Il raconte même que l'un de ses compatriotes lui aurait dit alors: "Écoute, mec, t'es un héros. T'as sauvé plein de vies. Quand tout cela sera fini, on ira boire une bière ensemble". Et si aujourd'hui, il n'est pas certain que cette promesse sera tenue, il est sûr qu'ils seront toujours liés par cette aventure.

Marc Moogalian espère pouvoir quitter l'hôpital d'ici une semaine. Il s'inquiète tout même de ne pas avoir complètement retrouvé l'usage de son bras et de sa main gauche. Il aimerait pouvoir continuer à jouer de la guitare.

E. M.