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Sonia "ne reçoit pas d'aide psychologique"

Sonia a dénoncé Abdelhamid Abaaoud aux autorités quelques jours après les attentats de Paris et de probables nouvelles attaques dans le quartier de La Défense. Désormais, le président d'honneur de la Fédération internationale pour les Droits de l'Homme demande à ce qu'elle soit soutenue par l'Etat.

Au lendemain des attaques de Paris et de Saint-Denis, Sonia*, qui se confie jeudi à RMC, a permis de localiser Abdelhamid Abaaoud. A la veille de l'assaut du Raid contre la planque des terroristes, cette femme qui était une amie de Hasna Ait Boulahcen a rencontré et discuté avec le cerveau présumé des attentats avant de le dénoncer aux autorités. Aujourd'hui, Sonia dit ne" plus avoir de vie" et se sent "abandonnée"

"C'est une situation inédite, expose Patrick Baudouin, président d'honneur de la Fédération internationale pour les Droits de l'Homme qui a accepté d'étudier son dossier. C'est la première fois qu'une personne joue un rôle aussi considérable, par son témoignage, dans une affaire extraordinaire". Sonia, qui a utilisé le 197, le numéro d’urgence mis en place par le ministère de l’Intérieur au lendemain du 13 novembre pour fournir des renseignements aux enquêteurs, se retrouve face à l'absence d'un programme de protection des témoins inexistants en France contrairement aux Etats-Unis.

"On peut comprendre qu'il lui soit difficile de trouver le sommeil"

Sonia " a eu un courage exceptionnel et ce qui m'a frappé en la rencontrant, ce qui m'a amené à me dire que je ne pouvais pas rester sans rien faire c'est aussi l'état anxiogène dans lequel elle se trouve, explique Patrick Baudouin. A travers la description qu'elle m'a faite de sa vie quotidienne, le risque évident et réel qui pèse sur elle à chaque instant, on peut comprendre qu'il lui soit difficile de trouver le sommeil. Elle ne reçoit aucune aide médicale ou psychologique ce qui lui est pourtant indispensable".

Dans son témoignage livré à RMC, Sonia dit: "Je m’attendais pas à tout ça, à ‘tu peux pas voir ta famille, tu peux pas voir tes amis’, on m’a dit de changer toutes mes habitudes. (..) Ce que je leur demande c’est de prendre en compte tous les désagréments qu’ils m’ont causés. (...) Je peux pas rester cachée comme ça."

Pourtant, la femme n'a aucun regret: "Même si à l’heure d’aujourd’hui je vis mal, je vis dans la plus grande précarité, sincèrement, vaut mieux vivre comme ça qu’avec la mort de personnes innocentes sur la conscience."

* Le prénom a été modifié 

la rédaction