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Interpellations de 10 personnes liées à l'ultradroite, soupçonnées de vouloir attaquer des musulmans

Le siège de la DGSI, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine)

Le siège de la DGSI, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) - Lionel Bonaventure

Elles avaient "un projet de passage à l'acte violent ciblant des personnes de confession musulmane".

Dix personnes liées à l'ultradroite radicale ont été interpellées samedi soir dans une dizaine de régions de France et notamment en Corse, dans le cadre d'une enquête sur un projet d'attaque ciblant des musulmans. Ces arrestations ont été menées par les policiers de la DGSI. Parmi les interpellés figure le chef de file présumé de ce réseau, Guy S., retraité de la police nationale et habitant de Charente-Maritime, selon des sources proches de l'enquête. Un autre a été arrêté alors qu'il dînait dans un restaurant de Versailles. 

Les suspects, âgés de 32 à 69 ans, gravitaient autour d'un mystérieux groupuscule lié à l'ultradroite baptisé "AFO" (Action des Forces Opérationnelles) et dirigé par Guy S. qui "avait la volonté d'en faire un groupe plus dur", a précisé une des sources.

Certains suspects possédaient des armes

Ils avaient "un projet de passage à l'acte violent aux contours mal définis à ce stade, ciblant des personnes de confession musulmane", a précisé une des sources proches de l'enquête. Une autre source a indiqué que ce groupe visait "des cibles présumées en lien avec l'islam radical".

Les investigations ont montré que les membres présumés du réseau "s'étaient organisés et structurés pour confectionner et acquérir des armes", selon l'une des sources. Et différentes perquisitions ont établi que certains suspects en possédaient déjà.

Dans un tweet, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a salué "l'engagement constant de la DGSI qui veille au quotidien à la protection des Français face à toute action violente, d'où qu'elle vienne".

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a elle aussi salué l'arrestation de ces militants. "Tout attentat terroriste contre des personnes est évidemment à combattre avec la fermeté la plus totale", a-t-elle affirmé sur franceinfo lundi. Tout en soulignant la différence entre les personnes interpellées et les identitaires, ou encore son parti:

"Les militants identitaires ne font pas partie du RN et ils peuvent le rejoindre, ça été le cas par exemple de M. (Philippe) Vardon. Mais ils n'ont jamais commis d'acte de violence, ni aucun acte qui, de près ou de loin, puisse être analysé comme ressemblant à ce dont nous venons de parler".
Me.R. avec AFP