BFMTV

 Tensions autour de la nomination du nouveau directeur de la sécurité du PSG

La préfecture de police de Paris avait donné son accord pour le retour des Ultras au Parc des Princes.

La préfecture de police de Paris avait donné son accord pour le retour des Ultras au Parc des Princes. - AFP

Des informations de presse font état d'une candidature d'un des responsables de la préfecture de police de Paris au poste de directeur de la sécurité du club parisien. Le préfet assure n'exercer aucune influence sur ce dossier délicat qui correspond avec le retour des Ultras au Parc des Princes.

Le PSG veut être un grand club, à l'image de ses concurrents. Recrutement de joueurs de classe mondiale, communication ultra-travaillée et, désormais, la volonté d'offrir une ambiance de stade digne des plus grandes rencontres. Pour cela, le club a travaillé avec les autorités pour faire revenir les Ultras dans les tribunes. Bannis depuis le plan Leproux, en 2010, les supporteurs les plus fidèles ont réintégré le Parc pour cette saison, avec l'approbation de la préfecture de police de Paris.

Aujourd'hui, la donne serait en train de changer. Il y a un an, Michel Cadot, le préfet de police de Paris, assurait ne pas vouloir s'opposer au retour des Ultras en l'absence d'incident. Cet été, le Collectif Ultras Paris (CUP) a signé une convention avec le club pour organiser son retour dans les tribunes, signifiant notamment l'abandon des abonnements aléatoires. Avec cet accord, "une relation normale et de confiance mutuelle" avec le PSG s'est renouée, expliquait le CUP qui obtenait ainsi, semble-t-il, la tête du directeur de la sécurité du club.

La préfecture dément toute ingérence

Selon Le Point, pour le remplacer, un haut fonctionnaire de la préfecture de police de Paris, prise en main depuis par Michel Delpuech, serait pressenti. Laurent Simonin, actuel chef d'état-major de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC), a été reçu par les dirigeants du club parisien. Le poste de directeur de la sécurité du PSG est primordial dans l'organisation des matches et des déplacements. S'il doit veiller à la sécurité des supporteurs à domicile, à la bonne tenue de chaque rencontre, il participe, en collaboration avec les préfectures, à l'organisation des déplacements: nombre de supporteurs qui pourront venir, interdiction précise de matériel, etc.

Avec le recrutement de Laurent Simonin, certains voient dans cette candidature une façon pour la préfecture de police de Paris de faire preuve d'ingérence dans la sécurité du PSG, et surtout d'influer sur la présence ou non des Ultras. "Le PSG n’a jamais sollicité le Préfet de police pour que lui soient proposés des candidats au poste de responsable de la sécurité du club. Inversement, le Préfet de police n’a jamais pris aucune initiative pour imposer au club un de ses candidats", rétorque ce mercredi la préfecture.

"Depuis le début de la saison les matchs au Parc des Princes se sont déroulés sans incidents et les relations de travail reviennent au niveau de confiance qu’avaient altéré, il y a quelques années, plusieurs incidents", poursuit Michel Delpuech dans un communiqué, qui assure qu'en mai dernier, il a signifié à la direction du PSG son accord pour le retour des supporteurs Ultras.

Les Ultras vigilants

Le nom de Laurent Simonin n'est pas inconnu pour les supporteurs parisiens. En 2013, il était responsable du dispositif de sécurité lors des incidents au Trocadéro, à l'occasion de la fête organisée pour célébrer le titre de champion de France. Il serait également un très proche de Jean-Philippe d'Hallivillée, l'actuel directeur de la sécurité du PSG, fortement décrié par les Ultras. Absent des négociations entre supporteurs et direction du club, ce dernier va quitter ses fonctions le 1er octobre. "On ne pouvait pas laisser quelqu'un qui ne veut pas de nous dans un stade à la tête de la sécurité alors que le club, donc la personne qui le paie, veut l'exact inverse", estime Mika, le vice-président du Collectif Ultras Paris, qui se réjouit de ce départ.

L'arrivée d'un policier à la tête de la sécurité du PSG est toutefois redoutée. Depuis sept ans et l'application du plan Leproux, les interdictions administratives de stade se sont multipliées, malgré la contestation devant les tribunaux pour les faire interdire. Ces interdictions sont prononcées par la préfecture de police lorsque les autorités ont des indices forts laissant penser qu'un individu va troubler l'ordre public. Actuellement, ces mesures concernant les Ultras seraient en baisse. "Nous espérons que le PSG fasse les bons choix pour l'avenir du club et de ses supporteurs", prévient Mika. "Nous allons rester très attentifs à la nomination du directeur de la sécurité, qui est un poste-clé. On voudrait une personne passionnée par le club et qui travaille pour le club et pour le bien du club."

"Nous n'allons pas faire de procès d'intention à Laurent Simonin", insiste Me Cyril Dubois, avocat de supporteurs de PSG. "Je n'imagine pas qu'il fasse sa propre politique alors qu'il y a une véritable volonté du club de faire revenir les Ultras au Parc des Princes."

Justine Chevalier