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Tapie : « L'enfer que j'ai vécu... »

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Bernard Tapie s’est vigoureusement défendu devant les parlementaires dans le cadre de l’arbitrage qu’il a obtenu face au Crédit Lyonnais.

Bernard Tapie a été entendu pendant près de 4 heures, ce mercredi, par la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Face aux députés, Bernard Tapie, costume sombre, cravate bleue et sourire aux lèvres, l'air un peu désabusé, était accompagné d'un de ses avocats. Pendant toute son audition, l'ex-homme d'affaires a justifié le bien-fondé de la décision du tribunal arbitral qui lui a octroyé une indemnité record de 285 millions d'euros à la charge de l'Etat dans l'affaire Adidas. Bernard Tapie a par ailleurs répété qu'il ne lui resterait pas plus de 25 à 40 millions d'euros comme solde de tout compte.

Durant son audition, c'est plus l'être humain que l'homme d'affaires qui a parlé : « J'aurais voulu qu'un seul de mes contestataires vive, pas longtemps, un mois seulement, l'enfer que j'ai vécu. Un mois pendant lequel je suis obligé de changer le nom de mes enfants pour les emmener à l'école. Quand ma femme passe sa journée entière à chialer dans les chiottes parce qu'il y a 3 000 personnes qui ouvrent les placards pour regarder quel dentifrice j'utilise. C'est pas normal ! Même si j'ai fait des fautes, et j'en ai fait, je ne mérite pas du tout ce traitement ! »

Un moment d'émotion qui n'a pas vraiment convaincu François Bayrou, le président du Modem : « Je suis très sensible par nature, mais là j'avais le sentiment que le passage était un peu préparé et que l'émotion venait au bon moment. C'était à peine un peu trop, à peine un peu too much. »

La commission des Finances de l'Assemblée nationale décidera mardi prochain d'une éventuelle poursuite des auditions dans l'affaire Tapie. Le Modem et le PS réclament en tout cas que soit constituée une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire.

La rédaction et Annabel Roger