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Suicide d'un salarié des Dernières Nouvelles d'Alsace au siège du quotidien

La devanture du journal DNA à Strasbourg.

La devanture du journal DNA à Strasbourg. - CC-BY-2.0 - Wikimedia Commons - Pazit Polak

Le salarié du DNA, travaillant au service maintenance, âgé de 43 ans et père de deux enfants, a sauté du 4e étage du siège du journal, dans le centre de Strasbourg, selon une source syndicale.

Un salarié des Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA), propriété du groupe Ebra, s'est suicidé ce jeudi au siège du quotidien régional à Strasbourg, a appris l'Agence France-Presse (AFP) auprès des syndicats qui s'interrogent sur un lien entre ce drame et les restructurations en cours au sein du groupe de presse.

Ce salarié du service maintenance, âgé de 43 ans et père de deux enfants, a sauté du 4e étage du siège des DNA, dans le centre de Strasbourg, selon une source syndicale, confirmant une information de France Bleu Alsace.

"C'est un suicide sur un lieu de travail, donc on a tendance à faire un lien avec les conditions de travail", a indiqué une autre source syndicale, invitant toutefois à attendre les conclusions de l'enquête sur les causes de ce suicide.

Les salariés du siège ont observé une minute de silence, écrit la radio sur son site. Lors de la manifestation strasbourgeoise contre la réforme des retraites, les manifestants ont également respecté une minute de silence.

"On a fait de multiples alertes depuis des mois" 

Un comité social économique extraordinaire a été réuni jeudi matin aux DNA, selon la source syndicale.

"On a fait de multiples alertes en CHSCT depuis des mois [...] sur les conditions de travail, sur les problèmes de fonctionnement dans les différents services", a-t-on expliqué de même source. "On est tous très affectés".

"Tout le service maintenance [où travaillait le salarié] donne des signes d'épuisement depuis des mois, voire des années", a indiqué Nadia Slimani, de la Filpac-CGT, pointant les restructurations en cours au sein du groupe : "réductions d'effectifs, changements d'horaires" et le fait que, désormais, "tout le monde fait tout".

"On est dans des restructurations lourdes, l'humain ne compte pas du tout, il n'y a que l'économie qui compte", a poursuivi Sandrine Debenath, déléguée CGT au journal L'Alsace, l'un des titres d'Ebra.

En juin, le groupe Ebra (DNA, L'Alsace, Républicain Lorrain, Est Républicain, Dauphiné Libéré...) a annoncé son intention de supprimer 386 postes dans les services création graphique, pagination, annonces légales, trafic digital, relations clientèle et maintenance informatique. Parallèlement, 284 postes seraient créés dans une entité prestataire dans laquelle les salariés du groupe pourraient être reclassés. Cette restructuration, que la direction souhaiterait mettre en oeuvre au 1er janvier 2021, conduirait "à une centaine de licenciements".

C.Bo. avec AFP