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Soupçons de harcèlement: le fondateur de l'ONG Baraka City placé sous contrôle judiciaire

Driss Yemmou, président de l'ONG Baraka City, avait été interpellé mercredi.

Driss Yemmou, président de l'ONG Baraka City, avait été interpellé mercredi. - -

Le 18 septembre dernier, une chroniqueuse de la radio RMC avait déposé une plainte pour "des tweets diffamatoires".

Le président de l'ONG Baraka City, Driss Yemmou, interpellé mercredi dans le cadre d'une enquête pour harcèlement sur les réseaux sociaux, a été placé jeudi sous contrôle judiciaire en attente d'être jugé, a annoncé le parquet d'Evry.

Il est convoqué le 4 décembre devant le tribunal correctionnel pour "harcèlement au moyen d'un support numérique ou électronique ayant entraîné une ITT supérieure à huit jours", indique le parquet dans un communiqué.

Une plainte déposée le 18 septembre

A l'issue de sa garde à vue, il a été présenté à un juge des libertés et de la détention qui l'a placé sous contrôle judiciaire avec notamment interdiction d'entrer en contact avec sa victime présumée, a-t-on précisé de même source.

L'interpellation du président de cette association caritative musulmane, aussi populaire que controversée, faisait suite à une plainte déposée le 18 septembre par une chroniqueuse de la radio RMC qui faisait état de "120 tweets diffamatoires" publiés par Driss Yemmou.

La plainte visait également la création, par le fondateur de l'ONG, "d'un hashtag dénonçant sa personne, repris dans près de 1.500 tweets" ainsi que la publication d'une "photographie d'un courrier recommandé volé dans sa boîte aux lettres", selon le parquet. Mais le chef de "vol de correspondance avec dégradation" n'a pas été retenu à ce stade contre Driss Yemmou.

Des "violences illégitimes"

Son avocat Samim Bolaky a indiqué à l'AFP que son client était "extrêmement soulagé" de cette libération sous contrôle judiciaire. Il a cependant précisé qu'il "fustige(ait) les moyens utilisés par le Raid lors de son interpellation" à son domicile et dénonçait des "violences illégitimes".

"Lui-même et son épouse ont été sévèrement blessés: contusions, dermabrasions, choc psychologique", en plus des "dégâts matériels" subis à leur domicile, selon lui.

Driss Yemmou et son épouse entendent déposer "dans les prochains jours" des plaintes pour "violences volontaires aggravées commises par personnes dépositaires de l'autorité publique", a-t-il précisé.

Une ONG très suivie

Me Bolaky a par ailleurs qualifié son client de "lanceur d'alerte". "La question, c'est: est-ce qu'un journaliste indépendant peut poser des questions à une personne publique qui fait acte de duplicité entre le discours tenu en public et ses agissements en privé? C'est la liberté de la presse qui est en cause", selon l'avocat.

Fondée par des musulmans au profil salafiste, Baraka City organise des campagnes de dons, en particulier lors du Ramadan et via les réseaux sociaux, qui drainent plusieurs millions d'euros pour financer des projets humanitaires. L'ONG, dont le compte Facebook est suivi par plus de 715.000 personnes, a suscité un fort engouement chez beaucoup de jeunes croyants mais aussi la suspicion pour ses prises de positions parfois radicales.

Par B.R. avec AFP