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L'humanitaire français de l'ONG Baraka City détenu au Bangladesh est libre

Moussa Ibn Yacoub, membre de l'ONG musulmane Baraka City a été emprisonné au Bangladesh pour "activités suspectes"

Moussa Ibn Yacoub, membre de l'ONG musulmane Baraka City a été emprisonné au Bangladesh pour "activités suspectes" - BFMTV

L'humanitaire français de l'ONG musulmane Baraka City est libre. Moussa Ibn Yacoub était retenu au Bangladesh depuis le mois de décembre, emprisonné pour "activités suspectes".

Moussa Ibn Yacoub a été libéré. L'humanitaire de l'ONG musulmane Baraka City qui avait été emprisonné pour "activités suspectes" au Bangladesh est désormais libre de rentrer chez lui, a annoncé dimanche son comité de soutien. Le jeune homme âgé de 28 ans originaire de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, avait été arrêté le 19 décembre.

"Je suis encore debout grâce à vous"

"Toutes les charges qui lui étaient reprochées ont été abandonnées", a écrit le comité, sous une photo où le jeune homme apparaît souriant, le poing levé et serré. 

Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, Mousa Ibn Yacoub se dit "énormément ému" par cette décision, remercie ceux qui l'ont soutenu et assure qu'il continuera à se battre.

"Je suis heureux de vous annoncer que je suis enfin libre, une libération totale, une libération qui va me permettre de pouvoir retrouver mes proches (...) J'essaie de retenir mes larmes. Ce que vous m'avez donné, c'est énorme. Je suis encore debout grâce à vous."

Emprisonné pendant 70 jours

Alors qu'il visitait des camps de réfugiés Rohingyas, une minorité musulmane venue de Birmanie, il avait été emprisonné fin décembre pendant 70 jours puis placé en liberté conditionnelle avec interdiction de quitter le territoire pendant sept mois. Sa détention avait mobilisé sur internet sous le hashtag #Freemoussa et son portrait avait été affiché sur la mairie de Montreuil, où un rassemblement de soutien avait également été organisé.

La police l'accusait d'utilisation de fausse identité. Il avait été arrêté en raison de son nom d'usage musulman, adopté lors de sa conversion à l'islam, différant de celui figurant sur ses papiers officiels, Puemo Maxime Tchantchuing. Il lui était aussi reproché de ne pas s'être déclaré aux autorités. Au Bangladesh, "les Rohingyas sont considérés comme illégaux, ce qui explique l'impossibilité de légaliser notre présence", s'était défendue Baraka City, qui vient en aide aux musulmans dans différentes régions du monde.

Baraka City au coeur d'une polémique en France

L'association, dont les locaux ont été perquisitionnés deux fois, a suscité la polémique à plusieurs reprises. Son fondateur, Idriss Sihamedi, avait choqué en janvier dernier en refusant de condamner sans ambiguïté les attentats commis sur le sol français par le groupe jihadiste Daesh lors de son passage sur le plateau d'une émission télévisée de Canal+.

L'homme, se disant orthodoxe mais non salafiste et fiché par la Direction générale de la sécurité intérieure, avait par ailleurs expliqué qu'il ne serrait "pas la main aux femmes".

C.H.A.