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Scandale au "36": Bernard Petit, le patron de la PJ, mis en examen

Bernard Petit, le patron de la PJ parisienne, a été mis en examen jeudi soir. Il lui est interdit d'exercer des fonctions de police judiciaire.

Bernard Petit, le patron de la PJ parisienne, a été mis en examen jeudi soir. Il lui est interdit d'exercer des fonctions de police judiciaire. - François Guillot - AFP

Après avoir passé plus de 14 heures devant un juge d'instruction, le patron de la PJ parisienne, Bernard Petit, a été mis en examen dans la nuit de jeudi à vendredi pour "violation du secret de l'instruction". Le ministère de l'Intérieur l'a suspendu immédiatement. Une première pour cette institution.

C'est une première dans l'histoire de la PJ parisienne, pourtant récemment marquée par plusieurs scandales. Bernard Petit, le patron de la police judiciaire de Paris, a été mis en examen ce jeudi soir pour "violation du secret de l'instruction", a annoncé le parquet de la capitale, avant d'être "immédiatement suspendu" par le ministère de l'Intérieur.

Une décision qui est tombée alors que Bernard Petit et deux autres policiers ont été présentés devant des juges d'instructions pendant près de 14 heures ce jeudi.

Son chef de cabinet, Richard Atlan, a été mis en examen des mêmes chefs et soumis au même contrôle judiciaire, a précisé le parquet. Les magistrats instructeurs ont également mis en examen un fonctionnaire détaché à l'association nationale d'action sociale au ministère de l'intérieur (ANAS), Philippe Lemaître. 

"Immédiatement suspendu" 

Dans le cadre du contrôle judiciaire qui a été imposé à Bernard Petit, il était interdit au chef de la PJ parisienne "d'exercer des fonctions dans un service de police judiciaire", a ajouté le parquet. Cela l'empêchait de facto d'exercer ses fonctions avant même toute décision du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a prévenu qu'il se montrerait intransigeant face à tout manquement.

Une décision qui n'a absolument pas traîné: quelques minutes seulement après l'annonce du parquet de Paris, Bernard Petit a été "immédiatement suspendu" de ses fonctions par la place de Beauvau.

"Conformément au droit de la fonction publique, une procédure contradictoire lui permettant de consulter son dossier administratif et de formuler ses observations est parallèlement engagée dans la perspective d’un retrait de son emploi", a précisé le ministère de l'Intérieur dans la nuit de jeudi à vendredi.

Christian Sainte proposé pour le remplacer

Dans la même annonce, le ministère de l'Intérieur a proposé au président de la République un nom pour remplacer Bernard Petit: il s'agit de Christian Sainte, l'actuel patron de la PJ de Marseille: "Le ministre de l’Intérieur proposera au président de la République la nomination de M. Christian Sainte, actuellement directeur interrégional de la police judiciaire, directeur du service régional de la police judiciaire de Marseille, comme nouveau directeur régional de la police judiciaire de Paris", pouvait également lire sur le communiqué émis place Beauvau.

Mêlés à une enquête sur Rocancourt

Pour rappel, Bernard Petit est mis en examen à la suite de soupçons de fuite concernent une affaire de corruption impliquant notamment Christophe Rocancourt, surnommé "l'escroc des stars", dans laquelle Christian Prouteau, ex-patron du GIGN, aurait été prévenu à l'avance de son audition par la police, alors qu'il n'aurait pas dû en être informé.

Dans ce dossier, les juges soupçonnent Christophe Rocancourt et Christian Prouteau d'avoir tenté, contre paiement, de faire régulariser le titre de séjour de deux femmes étrangères menacées d'expulsion. Lorsqu'il avait été placé en garde à vue pour trafic d'influence en octobre dernier, Christian Prouteau avait indiqué qu'il avait été prévenu à l'avance de cette interpellation par des "amis", ce qui avait conduit à l'ouverture d'une enquête par la police des polices, l'IGPN.

Jé. M. avec AFP