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Saisie de 7,4 tonnes de cannabis par les Douanes en Méditerranée

Une partie de la saisie

Une partie de la saisie - SYLVAIN THOMAS / AFP

Selon les enquêteurs, le bateau, avec 14.000 litres de carburants dans les réservoirs, faisait probablement route sur un axe qui va des régions de production, au Maroc.

Lors d'une opération commune, les douanes françaises et la Marine nationale ont saisi jeudi passé 7,4 tonnes de cannabis sur un bateau rapide lors d'une opération en pleine mer Méditerranée, à une centaine de kilomètres des côtes algériennes.

L'opération a permis l'arrestation de trois trafiquants qui se trouvaient à bord. Ils ont été conduits, ainsi que leur embarcation et la drogue, à Toulon, où ils ont été remis à la justice samedi. 

Les trois hommes ont été placés en garde à vue. 

La drogue, empaquetée dans quelque 230 colis, représente un montant estimé à 52 millions d'euros à la revente. Les enquêteurs étaient samedi en train de constituer les scellés sur les colis de drogue.

Passeports turcs

Jeudi matin, un avion de surveillance des douanes a repéré l'embarcation suspecte, une vedette bleu foncée difficilement détectable, qui croisait dans les eaux internationales.

Grâce à ses caméras, l'avion a suivi l'embarcation à haute altitude, hors de vue des trafiquants, pour éviter qu'ils ne se sabordent ou qu'ils ne mettent le feu à leur embarcation.

Deux patrouilleurs de la Marine nationale et de la Douane se sont rendus sur les lieux, et dans l'après-midi, l'assaut a été donné par une équipe de 12 militaires et 8 douaniers à bord de canaux pneumatiques rapides. 

Les trafiquants, détenteurs de passeports turcs, ont spontanément reconnu transporter de la drogue dans leur embarcation, semble-t-il un ancien bateau de course. "Ils n'étaient pas armés et n'ont pas opposé de résistance", a précisé lors d'une conférence de presse Max Ballarin, directeur des services de garde-côtes des douanes en Méditerranée. 

"Cette saisie traduit l'importance du trafic de cannabis", qui "inonde le marché" européen et notamment les cités marseillaises, a souligné le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, lors de ce point presse à la base navale de Toulon.

Son parquet et ses magistrats spécialisés de la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) ont été chargés de l'enquête, ouverte initialement à Toulon.

14.000 litres de carburant

Selon les enquêteurs, le bateau, avec 14.000 litres de carburants dans les réservoirs, faisait probablement route sur un axe qui va des régions de production, au Maroc, à des zones livrées au chaos en Libye, zones dites de "rebond" et qui permettent ensuite de la réexporter vers l'Europe.

"Cette route orientale est plus complexe pour les autorités françaises" qui luttent contre le trafic de stupéfiants, a encore commenté Max Ballarin. 

Cette saisie, rare, se distingue de celles faites sur des navires plus petits, des semi-rigides limités à des distances plus courtes, ou des voiliers, dans la mer d'Alboran entre Maroc et Espagne, a-t-il souligné.

Hugo Septier avec AFP