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Recours de la défense de Bettencourt devant la cour d'appel

Maître Georges Kiejman (au centre), l'avocat de Liliane Bettencourt, qui accuse la juge de Nanterre (Hauts-de-Seine) de "partialité". La cour d'appel de Versailles a entamé mardi l'examen du recours de l'avocat de l'héritière de l'Oréal, qui voudrait fair

Maître Georges Kiejman (au centre), l'avocat de Liliane Bettencourt, qui accuse la juge de Nanterre (Hauts-de-Seine) de "partialité". La cour d'appel de Versailles a entamé mardi l'examen du recours de l'avocat de l'héritière de l'Oréal, qui voudrait fair - -

VERSAILLES, Yvelines (Reuters) - La cour d'appel de Versailles a entamé mardi l'examen du recours de l'avocat de Liliane Bettencourt, qui voudrait...

VERSAILLES, Yvelines (Reuters) - La cour d'appel de Versailles a entamé mardi l'examen du recours de l'avocat de Liliane Bettencourt, qui voudrait faire annuler un supplément d'information ordonné par une juge de Nanterre.

La Cour doit déterminer si la juge Isabelle Prévost-Desprez peut poursuivre son enquête, en particulier sur les enregistrements clandestins effectués au domicile de la milliardaire de 2009 à 2010.

Avant le début de l'audience, Me Olivier Metzner, défenseur de la fille de Liliane Bettencourt, à l'origine de la plainte visant la photographe François-Marie Banier pour abus de faiblesse, indiquait qu'il allait demander à la Cour de se déclarer incompétente.

"La justice a envie de passer mais certains veulent faire obstacle", a-t-il déploré en visant la défense de Liliane Bettencourt.

Ces écoutes, où il est question de dons pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, sont à l'origine de la mise en cause de l'actuel ministre du Travail Eric Woerth, notamment, depuis la mi-juin.

Me Georges Kiejman, l'avocat de l'héritière de l'Oréal, accuse la juge de Nanterre (Hauts-de-Seine) de "partialité" et estime qu'elle va "bien au-delà" de sa saisine sur le dossier d'abus de faiblesse pour des dons d'un milliard d'euros de Liliane Bettencourt à François-Marie Banier.

Lors du procès de ce photographe soupçonné d'avoir abusé de l'état de la milliardaire, le 1er juillet, Isabelle Prévost-Desprez avait provoqué un coup de théâtre en renvoyant l'audience pour enquêter sur les enregistrements pirates.

En conflit ouvert avec la magistrate, le procureur de Nanterre Philippe Courroye avait fait appel en invoquant l'enquête préliminaire que lui-même avait lancé sur le sujet.

Mais la Cour d'appel de Versailles a rejeté sa requête le 13 juillet dernier.

Isabelle Prévost-Desprez avait alors entamé ses propres investigations sur ces enregistrements dans le cadre du procès pour abus de faiblesse ouvert contre François-Marie Banier.

LA JUGE VA-T-ELLE TROP LOIN ?

Georges Kiejman a reproché à la magistrate d'avoir entamé ses auditions sans même attendre l'appel que lui-même avait déposé.

Il a répété qu'à ses yeux la magistrate menait un supplément d'information "sans limite". "Elle en profite pour aller au-delà de sa saisine, dans toutes les directions", a-t-il dit à la presse.

Jugeant l'appel de Me Kiejman suspensif, le parquet de Nanterre a refusé de son côté de transmettre à la juge la retranscription des enregistrements effectués par l'ancien majordome de Liliane Bettencourt.

Isabelle Prévost-Desprez a néanmoins lancé ses auditions, commençant par Claire Thibout, l'ex-comptable de l'héritière de l'Oréal qui a évoqué dans ses auditions devant la police des versements d'argent pour la campagne de 2007, et la fille de cette dernière, Françoise Bettencourt-Meyers.

Selon des procès-verbaux de ces auditions publiés par la presse, la juge ne se serait pas limitée à la question de l'abus de faiblesse, au grand dam de la défense de Liliane Bettencourt.

L'initiative de la juge de Nanterre est soutenue par l'opposition et des syndicats de magistrats, qui reprochent au procureur Philippe Courroye sa proximité avec Nicolas Sarkozy et son refus d'ouvrir une information permettant de confier le dossier à un juge d'instruction indépendant.

Le parquet de Nanterre a ouvert quatre enquêtes préliminaires visant la plupart des aspects de l'affaire Woerth-Bettencourt après la publication des enregistrements.

Philippe Courroye s'est défendu de chercher à enterrer une affaire qui a placé Eric Woerth au centre d'une tempête politique depuis le 16 juin dernier.

Il a reçu le soutien de la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie, rejetant les accusations d'une "justice aux ordres".

L'Union syndicale des magistrats (majoritaire), visée implicitement par la ministre, a répliqué en rappelant que le parquet était lié au pouvoir par son statut.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse