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Qui était Kévin Chassin, le jihadiste français tué en Irak?

Kévin Chassin, un jeune Toulousain, a rejoint l'Etat islamique en 2013. Vendredi, il est mort dans un attentat suicide contre des casernes militaires en Irak. En lien avec son demi-frère jusqu'au dernier moment, ce dernier témoigne pour BFMTV.

Il fait partie des deux jihadistes français qui avait rejoint l'Etat islamique morts vendredi dans des attentats suicide contre des casernes de milices sunnites et chiites près de la ville d'Haditha, dans l'ouest de l'Irak. Kévin Chassin, un jeune Toulousain, est mort après avoir lancé un camion bourré d'explosif. Un autre Français l'accompagnait, il s'est tué de la même manière.

Une semaine avant cet attentat, il avait livré un testament vidéo dans lequel il s'excusait auprès de sa famille. Il racontait également l'acte qu'il s'apprêtait à commettre. Quelques heures avant, le Toulousain a envoyé des photos à son demi-frère avec qui il entrait en contact régulièrement. Sur ces dernières, on voit le jihadiste en tenue blanche, celle des martyrs. "Le jour où il m’a dit j’ai un projet en cours, dans le message il m’a dit 'ne me pose pas de questions je ne peux pas t’en parler'", raconte Brice Chassin à BFMTV.

"Jamais je ne pensais qu’il allait faire ça. Je lui demandais ’est-ce que tu peux mourir de ton projet?’ Il m’a dit je peux mourir comme je peux survivre", poursuit son demi-frère.

"Une vie de rêve"

Kévin Chassin a rejoint l'Etat islamique en mai 2013. Il n'est pas issu d'une famille musulmane. Le jihadiste a grandi dans la cité Bourbaki à Toulouse. Passé par la case "petite délinquance", le jeune homme va se convertir à l'Islam avant de se radicaliser. Puis le basculement: il fera parti des premiers Français à rejoindre le groupe terroriste lors des premières vagues de départ.

Désormais en Irak, Kévin Chassin se fait appeler Abou Maryam Al-Faransi. En novembre dernier, il apparaît dans une vidéo de propagande de Daesh. Entouré d'autres jihadistes français, il brûle son passeport et appelle à commettre des attentats en France. Le Toulousain, présenté par le groupe terroriste comme un "chevalier de l'Etat islamique" sait alors qu'il ne reviendra plus dans l'hexagone.

"Il me disait qu’il vivait une vie de rêve", raconte Brice Chassin.

"Il me disait qu'il vivait dans une maison qui en France coûterait plus d’un million d’euros, qu’il avait de l’argent, des voitures, des motos, qu’il avait une femme, des enfants", détaille le jeune homme.

110 Français morts en Syrie ou en Irak

Pour autant, Kévin lui avait promis de ne jamais commettre d'attentat. A RTL, Brice raconte que son demi-frère lui avait toutefois déclaré ne jamais avoir eu "l'honneur" de décapiter quelqu'un. "Il m’a appelé à six heures du matin, en pleurs en me disant je pars en Irak, je vais peut-être mourir sur le voyage", rapporte Brice Cahassin.

"Ils ont tous un bourreau derrière eux, ils ne peuvent pas dire ce qu’ils veulent. Je suis sûr que derrière il y a quelqu’un qui contrôlait tous ses dires", évoque le Toulousain.

Selon le ministère de l'Intérieur, 110 Français seraient morts pendant le jihad en Syrie ou en Irak. Sur place, ils seraient encore 450. "Ils ont une grande valeur spectaculaire et marchande, explique François-Bernard Huygue, chercheur à l'Iris. Ils sont très pressés de les mettre en scène soit dans des exécutions, soit dans des attentats-suicide pour montrer la dimension planétaire de leur combat." Au total, ce seraient 1.600 Français qui seraient impliqués dans des filières jihadistes.

J.C. avec Vincent Giraldo