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Quand les gendarmes se trompent et enfoncent la mauvaise porte

Les dégâts matériels sont minimes, mais Gwladys gardera sans doute longtemps les séquelles psychologiques de l'intervention des gendarmes.

Les dégâts matériels sont minimes, mais Gwladys gardera sans doute longtemps les séquelles psychologiques de l'intervention des gendarmes. - -

Un coup de filet antidrogue a tourné au cauchemar, lundi matin, pour une jeune femme de Maisons-Neuves qui n'avait rien à se reprocher et qui a porté plainte. Récit d'un ratage.

"Ils ont allumé toutes les lumières et quand j’ai ouvert les yeux, ils étaient tous là au-dessus de moi. Casqués, cagoulés et armés. Au moins une dizaine de personnes autour du lit. J’ai cru qu’il s’agissait d’un cambriolage." Gwladys L., habitante de Neuves-Maisons en Meurthe-et-Mozelle, dont l'Est Républicain rapporte le témoignage, a eu "la peur de [sa] vie" lundi matin, quand le Peloton d'intervention 2e génération de Dijon (PI2G) a franchi par erreur sa porte. La jeune femme de 20 ans qui a vécu cette intrusion "comme un viol" et son ami ont porté plainte à la gendarmerie.

"Je hurlais", raconte la jeune femme

Au moment de l'irruption des gendarmes, vers 7h45, la jeune femme s'était rendormie dans l'appartement qu'elle occupe avec son ami qui était parti au travail un peu plus tôt. "Je n’étais pas en tenue adaptée et ils m’ont arraché la couette en criant : les mains en l’air, c’est la gendarmerie! Je hurlais", témoigne la jeune femme, traumatisée. "C'est très dur psychologiquement, je sursaute au moindre bruit", confie-t-elle encore.

Après avoir fouillé les autres pièces, les gendarmes lui demande où est "son copain" et combien d'appartements composent l'immeuble. "Trois" répond alors la jeune femme tandis que les forces de l'ordre réalisent leur méprise. Ils se sont tout simplement trompés d'adresse. Les deux vrais présumés trafiquants habitent à cinq minutes. Les gendarmes, "sans qu'aucun ne s'excuse", font alors demi-tour pour aller les interpeller. Arrivés sur les lieux, ils doivent venir à bout d'une porte blindée. Pour l'anecdote, ils rattrapent un homme d'une trentaine d'années qui s'était échappé vêtu d'un slip, par les toits de l'immeuble.

Le trousseau de clés mystère

Pourquoi le couple porte-t-il plainte? Après tout, les dégâts matériels, traces de bottes, enfoncement dans une cloison, sont minimes. Outre le traumatisme dont fait état la jeune femme, le mystère des clés qui lui ont été restituées par les gendarmes eux-mêmes, y est peut-être pour quelque chose. Car le fait est, les gendarmes n'ont pas défoncé la porte. Après l'intervention l'un d'eux a tendu à la jeune femme la clé de la porte d'entrée. Un peu plus tard, un gendarme en civil a rapporté à sa propriétaire le reste du trousseau et demandé "s'il n'y avait pas de bobos".

Comment le trousseau de clés est arrivé entre les mains des gendarmes? C'est là toute la question. Les enquêteurs de la Section de recherches de Nancy auraient expliqué à Gwladys être "venus effectuer des reconnaissances sur place, la veille, et qu’ils avaient, comme par hasard, trouvé un trousseau de clés par terre". Cette explication demande sans doute quelques éclaircissements.

David Namias