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Procès du "tireur de Libé": 25 ans requis contre Abdelhakim Dekhar

Abdelhakim Dekhar

Abdelhakim Dekhar - AFP

Abdelhakim Dekhar est jugé pour "tentative d'assassinat". Le verdict sera rendu dans la soirée de vendredi.

25 ans de réclusion criminelle ont été requis à l'encontre d'Abdelhakim Dekhar. Au terme d'une semaine de procès, l'avocat général a réclamé que cette peine soit assortie d'une peine de sûreté des 2/3 pour celui qui a été surnommé "le tireur de Libé". Il encourt la perpétuité dans un verdict qui doit être rendu vendredi soir.

Abdelhakim Dekhar est jugé depuis vendredi dernier par la cour d'assises de Paris pour "tentative d'assassinat". Le 15 novembre 2013, cet homme avait pénétré dans le hall de BFMTV et avait pointé son arme sur Philippe Antoine, un rédacteur en chef avant de prendre la fuite sans tirer. Trois jours plus tard, il se rendait à la rédaction de Libé. Cette fois-ci, il avait fait usage de son arme, blessant grièvement un assistant-photographe, César Sébastien.

"Désir de vengeance"

Considéré comme "l'ennemi public n°1", s'était ensuite rendu dans le quartier d'affaires de la Défense, où il avait tiré sur une porte d'entrée de l'immeuble de la Société générale, non loin de deux salariées. Il avait enfin pris un automobiliste en otage. Pendant cinq jours, la police avait traqué cet homme, qualifié alors d'"ennemi public numéro 1". 

"Le principal mobile, c'est tuer par dépit social", a dit l'avocat général Bernard Farret dans son réquisitoire. Il y a chez M. Dekhar "un ressentiment contre la société, l'Etat, le capitalisme", "un désir de vengeance". 

"BFMTV, Libération, la Société Générale sont des symboles qui correspondent bien au mobile politique", a poursuivi l'avocat général. "Il n'est pas dans le remord. Il est resté dans la revendication, la rancoeur", a mis en avant le magistrat, en s'appuyant sur la conclusion d'une psychologue. 

Déjà condamné

Abdelhakim Dekhar a déjà été condamné aux assises, en 1998, dans un dossier criminel majeur lié aux milieux de l'ultragauche. Il était soupçonné d'être "le troisième homme" de l'équipée de deux membres de cette mouvance, Florence Rey et Audry Maupin, qui s'était achevée par une fusillade au cours de laquelle trois policiers, un chauffeur de taxi et Maupin avaient été tués en 1994. Il avait écopé d'une peine de 4 ans de prison pour "association de malfaiteurs".

Pour l'avocat général, il s'est "effectivement réinséré jusqu'en 2013, mais il a suffi de problèmes familiaux et d'un coup de mou pour qu'il retombe". "Et il a commis des faits encore plus graves" que ceux pour lesquels il était jugé en 1998, a-t-il déclaré. Interrogé par la cour, Abdelhakim Dekhar s'est défendu, jeudi, de tout parcours meurtrier, assurant vouloir seulement "intimider" les gens. Son objectif était, dit-il, de mettre fin à ses jours. "J'étais dans un projet de suicide par intermédiaire: je voulais que la police me tue".

J.C. avec Cécile Ollivier