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Procès du Carlton de Lille: l'image de DSK salie à jamais?

Dominique Strauss-Kahn à son arrivée au tribunal de Lille pour le deuxième jour d'audiences, mercredi 11 février.

Dominique Strauss-Kahn à son arrivée au tribunal de Lille pour le deuxième jour d'audiences, mercredi 11 février. - François Lo Presti - AFP

Récits sans ambiguïté, mots crus: les témoignages accablants pour l'image de Dominique Strauss-Kahn, détaillant ses pratiques sexuelles et son attitude, se multiplient à la barre depuis mardi, dans le cadre du procès du Carlton de Lille.

L'audience était particulièrement attendue, et les détails n’ont pas manqué, mardi. Au cours de la première journée de l’audience du procès du Carlton de Lille, pendant laquelle Dominique Strauss-Kahn a réaffirmé qu’il ignorait que ses partenaires étaient des prostituées, deux femmes ont décrit des rapports brutaux, avec des mots très durs à l'encontre de l'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), dont l'image ne sortira pas indemne de ces trois jours d'auditions.

La défense redoute la relaxe

Face à ces récits à la fois poignants et choquants, DSK est resté étonnement serein, décidé à sortir blanchi de cette affaire. Au deuxième jour de son audition à Lille, ce mercredi, il part avec un sérieux avantage: jamais sa ligne de défense n’a été contrariée depuis le début du procès.

De fait, les avocats des parties civiles redoutent la relaxe. "Nous en sommes au début des débats et nous verrons dans deux jours si cette argumentation tient encore la route ou pas", a réagi David Lepidi, l'avocat de l'association "Equipes d'action contre le proxénétisme", qui s'est constituée partie civile. "Il est encore prématuré d'avoir un jugement définitif, il va falloir examiner toutes les scènes et tous les actes.

Des témoignages accablants pour l'image de DSK

Lors de l’audience de mardi, les témoignages des deux prostituées se sont avérés particulièrement difficiles et les mots utilisés, très crus, portent un nouveau coup à l’image déjà très abîmée de l’ancien favori des sondages.

L'ex-prostituée "Mounia", elle aussi partie civile, a ainsi décrit un véritable calvaire lors de sa relation sexuelle avec l'ancien numéro 1 du FMI, organisée dans un chic hôtel parisien. Une épreuve "brutale mais consentie", durant laquelle "elle a beaucoup pleuré", a-t-elle raconté, avant d'ajouter: "C'est son sourire qui m'a marquée du début à la fin. Il avait l'air content de ce qu'il faisait". Le prévenu, lui, est resté impassible devant les juges, en entendant ce témoignage. Il s'est même montré serein et déterminé lors de sa prise de parole. Une sérénité également affichée ce mercredi à la barre.

"Les Français font bien la différence entre le comportement privé de Dominique Strauss-Kahn et sa compétence intellectuelle, ses capacités d'économiste, et ça, ça reste intact", estime son biographe, Michel Taubmann, au micro de BFMTV. "Je pense que s'il est blanchi à l'issue de ce procès, on fera la part des choses", poursuit-il. Dominique Strauss-Kahn, lui, refuserait de penser à l’après-procès, son avenir étant de toute façon très compromis. 

A.S. avec Sarah-Lou Cohen