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Prise d'otage à la prison d'Ensisheim: le procès renvoyé

La façade de la prison d'Ensisheim, dans le Haut-Rhin, où s'est déroulée la prise d'otages.

La façade de la prison d'Ensisheim, dans le Haut-Rhin, où s'est déroulée la prise d'otages. - -

Le tribunal correctionnel de Colmar, qui devait juger lundi le preneur d'otages de la prison d'Ensisheim, a ordonné une nouvelle expertise psychologique de cet homme, qui n'en est pas à son premier acte de violence en milieu carcéral.

Qu'est-ce qui a poussé Sadik Jdaidia, détenu à la prison d'Ensisheim, à sa quatrième tentative de prise d'otages en milieu carcéral mercredi dernier? Le tribunal correctionnel de Colmar, qui devait le juger lundi en comparution immédiate, a préféré prendre son temps pour explorer cette question complexe. Il a renvoyé le procès au 25 septembre et ordonné, dans l'attente, une nouvelle expertise psychiatrique de cet homme de 39 ans.

Plus tôt dans la journée, l'avocat de la défense, Me Jérôme Caen, avait indiqué que ce geste était celui d'un désespéré. "Mon client espérait que le GIGN (le groupement d'intervention de la gendarmerie nationale, ndr) lui mettrait une balle dans la tête. Depuis sa première incarcération, il attend d'être tué."

Mercredi, Sadik Jdaidia a pris en otage une surveillante de la prison d'Ensisheim, dans le Haut-Rhin. Il ne s'est rendu qu'au bout de 13 heures d'intenses négociations, au cours desquelles il est resté retranché dans sa cellule, menaçant sans relâche la jeune femme avec un couteau artisanal.

Quatrième prise d'otages

De plus, l'homme n'en était pas à son premier coup de force. Lundi, il devait également être jugé pour des faits similaires, commis à la prison de Château-Thierry en juin 2012. Il avait également été condamné à trois ans de prison en octobre 2011 pour avoir retenu en otage un médecin de la prison de Montmédy, et s'était aussi attaqué à une surveillante de la prison de Metz-Queuleu, sans succès cette fois.

Lundi, le procureur de Colmar, Bernard Lebeau, a pour sa part estimé que "la folie de l'acte ne sign[ait] pas la folie de l'auteur". "Monsieur Jdaidia est peut-être suicidaire, mais il semble tout à fait cohérent lorsqu'il expose son but", a-t-il déclaré. Pour lui, l'homme ne présente pas de "psychose", trois précédentes expertises ayant conclu que le détenu était responsable de ses actes.

Lors de l'audience de septembre, Sadik Jdaidia devra répondre à la fois des faits commis à Ensisheim et à Château-Thierry.

M. T. avec AFP