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Pédophilie: un directeur d'école condamné à trois ans de prison

Cartables et vêtements accrochés dans le vestiaire d'une école de Caen le 2 septembre 2008.

Cartables et vêtements accrochés dans le vestiaire d'une école de Caen le 2 septembre 2008. - (Photo d'illustration) - MYCHELE DANIAU / AFP

La sanction est "sévère, mais juste" commente une association de défense de victimes de pédophilie. Car s'il détenait plusieurs dizaines de milliers de fichiers d'images licencieuses dont certaines pédopornographiques, l'homme n'était jamais passé à l'acte.

Un directeur d'école, près de Bordeaux, a été condamné mercredi soir à trois ans de prison, dont un avec sursis, pour détention et diffusion d'images à caractère pédopornographique et violences sans préméditation. Cette condamnation est assortie d'une mise à l'épreuve pendant deux ans avec obligation de soins et d'indemniser les victimes. 

Cet enseignant de 46 ans avait été arrêté il y a un an pour détention de plus de 60.000 fichiers pornographiques, avec des images pédopornographiques venant de l'étranger, et la prise de photos et vidéos de mauvaise qualité de ses élèves lors de sorties scolaires, à leur insu. Les photos et vidéos de scènes sexuelles, téléchargées sur internet, n'ont pas été prises par le directeur d'école de Cadaujac.

"C'est une sanction sévère, mais juste, car il y avait beaucoup de visionnages, beaucoup de viols, d'images insoutenables", a déclaré l'avocate Noémie Saidi-Cottier de l'association Innocence en danger.

Une quinzaine de familles se sont portées partie civile

Plusieurs enfants de communes limitrophes de Bordeaux, où l'homme a été en poste, ont été reconnus sur les images par leurs instituteurs et une quinzaine de familles s'étaient constituées parties civiles, a-t-elle précisé.

Les réquisitions du parquet - trois ans de prison, dont six mois avec sursis - ont été quasiment suivies. Le directeur d'école encourait sept ans d'emprisonnement pour les faits de captation et diffusion des images.

Célibataire, enseignant depuis 1995, le suspect n'avait aucun antécédent judiciaire et n'avait jamais fait l'objet de plainte ou d'une procédure administrative dans les établissements où il a été en poste, ni à Cadaujac depuis 2013, ni avant. 

L'enseignant avait été suspendu le 2 novembre 2016 par l'Education nationale. Il avait fait une tentative de suicide, lors de son interpellation le 27 octobre, à la suite d'une enquête de police judiciaire ouverte après une alerte lancée par un proche.

David Namias avec AFP