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Pédophilie dans l'Eglise: le pape François mis en cause dans une affaire en Argentine

Le pape François à la basilique Saint-Pierre de Rome.

Le pape François à la basilique Saint-Pierre de Rome. - ANDREAS SOLARO / AFP

Selon Mediapart et "Cash Investigation" celui qui était alors archevêque de Buenos Aires a tenté d'influencer la justice pour faire innocenter un prêtre finalement condamné en 2009.

Mediapart et l'émission "Cash Investigation" de France 2 continuent de distiller leurs révélations sur des affaires de pédophilie au sein de l'Eglise, en France et à l'étranger. Le pape François est l'objet de l'une d'elles. Alors qu'il était archevêque de Buenos Aires, il aurait tenté d'influencer la justice de son pays pour défendre la cause du "père Grassi, finalement condamné en 2009 à 15 ans de prison pour l'agression de deux enfants".

Jorge Mario Bergoglio (le nom civil du pape) était président de la Conférence épiscopale d'Argentine au moments des faits. En 2010, c'est sous son haut patronage que pour ouvrir un contre-feu face aux accusations touchant ce prêtre, des "Etudes sur le cas Grassi" sont commandées. Le document de 2.600 pages visait à démontrer que les deux plaignants mineurs avaient menti et allait "jusqu'à interroger l'orientation sexuelle des victimes". Une contre-enquête manifestement orientée selon un des destinataires du document, le juge Carlos Mahiques interrogé par Mediapart

Si l'existence de ces travaux demandés par l'actuel pape à un éminent juriste était connue, "ce que l'on sait moins, c'est que loin d'être un simple document en interne, 'Etudes sur le cas Grassi', fut un outil de lobbying qui a été envoyé aux juges en charge du dossier à la veille de son examen en appel", détaille l'article de Mediapart. Pire, l'ouvrage avait été "édité à trois reprises, en 2010, 2011 et 2013". Soit les dates correspondant aux "différents appels du prêtre" mis en examen par la justice argentine. L'église argentine a embauché une vingtaine d'avocats, dont des ténors du barreau pour défendre Julio Grassi.

Grassi finalement condamné

Les premières accusations portées contre le père Grassi remontent à 1991 explique de son côté "Cash Investigation" (diffusée ce mardi soir). Mais c'est en 2002 que l'affaire prendra de l'ampleur après la diffusion d'une séquence dans l'émission d'investigation "Telenoche Investiga".

Le jeune Gabriel abusé à 15 ans y livrait son témoignage et faisait état de relations sexuelles contraintes avec le prêtre. A "Cash Investigation", la victime qui "vit recluse dans la banlieue de Buenos Aires" confie avoir "reçu des menaces" et vu "sa porte fracturée", tandis que des "affaires personnelles et documents" lui ont été volés. Pour sa sécurité, il a bénéficié du programme de protection des témoins avant la tenue du procès.

Ironie du sort, Julio César Grassi a finalement été condamné pour des agressions d'enfants perpétrées dans le cadre de la fondation qu'il avait créée en 1993 et intitulée "les enfants heureux" ("Felices Los Niños", en espagnol).

Dernier argument à charge contre le pape, le souverain pontife fraîchement élu avait invité à Rome le président de la Cour suprême de Buenos Aires en septembre 2013. Soit encore une fois, à la veille du "réexamen du cas Grassi". Cash Investigation relève qu'à la "page 64 d'un livre d'entretiens avec le pape", François interrogé sur les affaires de pédophilie au sein de l'Eglise répond: "Cela n'est jamais arrivé dans mon diocèse"..

David Namias