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Pakistan: une femme transgenre abattue dans une rue de Karachi

Une femme transgenre a été abattue par des hommes armés à Karachi mercredi 30 août, signe de la vulnérabilité de cette communauté recensée cette année pour la première fois au Pakistan.

Une femme transgenre a été abattue par des hommes armés à Karachi mercredi 30 août, signe de la vulnérabilité de cette communauté recensée cette année pour la première fois au Pakistan. - ASIF HASSAN, AFP/Archives

Une femme transgenre a été abattue par des hommes armés à Karachi mercredi, signe de la vulnérabilité de cette communauté recensée cette année pour la première fois au Pakistan.

A l'aube, des automobilistes se sont amusés à jeter des oeufs sur la victime et une amie qui arpentaient les rues d'un quartier huppé de la mégapole portuaire, avant de leur tirer dessus.

La victime, Nadeem Maseeh "a été touchée à la mâchoire, et elle est morte," a indiqué à l'AFP un officier de police, Saqib Ismail.

Le troisième sexe, souvent réduit à la mendicité et à la prostitution, est à la fois marginalisé et reconnu dans ce pays conservateur, devenu en 2009 l'un des premiers au monde à reconnaître légalement les personnes transgenres.

Lors du recensement titanesque mené au printemps, le pays a pour la première fois décompté la population transgenre à part. Le Bureau des Statistiques en a recensé 10.418 sur plus de 207 millions d'habitants selon les résultats préliminaires publiés cette semaine.

Plusieurs associations représentant les personnes transgenres au Pakistan ont protesté, qualifiant d'"injustes" ces chiffres notoirement inférieurs aux estimations faites par des ONG, selon qui la communauté compte plusieurs centaines de milliers de personnes.

"Le gouvernement veut éliminer notre existence", a déploré Farzana Riaz, chef de file de la communauté dans la très conservatrice province du Khyber Pakhtunkhwa (KP, dans le nord-ouest), qui compte officiellement 916 personnes transgenres.

"A titre personnel, j'ai entendu parler de bien plus que 900 personnes transgenres dans le KP", poursuit-elle. "Dans tout le Pakistan, il doit y avoir des centaines de milliers" de transgenres, et "nous allons saisir la justice pour réclamer un décompte spécifique".

Le Pakistan a mené de mars à mai son premier recensement en 19 ans, après des retards notamment liés à des querelles entre responsables politiques inquiets des conséquences en matière de distribution du pouvoir et des fonds fédéraux.

La justice a exigé peu avant le début des opérations impliquant plus de 120.000 recenseurs que ces derniers auraient trois options pour recenser l'identité sexuelle des personnes : 1 pour les hommes, 2 pour les femmes, 3 pour les personnes se déclarant transgenres.

Karachi (AFP), © 2017 AFP