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"On n'ose plus laisser les enfants seuls dehors": des individus s'introduisent chez un riverain pour jeter des colis vers la prison voisine

Plusieurs fois par semaine, des individus s'introduisent dans la propriété d'un habitant de Douai (Nord) pour jeter depuis son jardin des projectiles (cannabis, nourriture...) dans la cour de la maison d'arrêt de la ville.

Du cannabis, des kebabs et des bonbons. C'est ce qui est jeté depuis le jardin d'Hafid, dont l'habitation est située juste derrière la cour de la maison d'arrêt de Douai (Nord).

Plusieurs fois par semaine, des individus s'introduisent dans sa propriété, soit lorsque le portail n'est pas fermé à clé, soit en l'escaladant, pour fournir à des individus incarcérés des produits ou des objets interdits en prison.

"Ils les dissimulent dans des petits ballotins en forme de balle de tennis, prennent de l'élan puis les lancent au-dessus de la clôture", explique-t-il à BFMTV.

Hafid est inquiet pour sa sécurité et celle de sa famille. Une fois, il a même vu une personne cagoulée dans son jardin.

"Cela créé un sentiment d'insécurité. On n'ose plus laisser les enfants seuls dehors."

Selon lui, cette pratique a explosé ces dernières années depuis la suppression des miradors de la prison.

50 projectiles par jour

Près de 50 colis sont envoyés chaque jour dans la cour de la prison, depuis les maisons aux alentours, selon Foued Boulebda, un surveillant pénitentiaire de la maison d'arrêt de Douai.

"On craint que des armes et des explosifs soient introduits de la sorte dans l'enceinte de l'établissement", s'inquiète le secrétaire local du syndicat FO Justice au micro de BFMTV.

Avec son syndicat il se bat aujourd'hui pour faire rehausser les filets de protection de la prison. Cette mesure est encore en cours d'examen.

Clément Boutin Journaliste BFMTV