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"On est emmuré vivant": à l'isolement carcéral, le braqueur Redoine Faid décrit "une vie de paria"

Redoine Faïd

Redoine Faïd - BFMTV

Se défendant d'être une "victime", le braqueur multirécidiviste pointe cependant du doigt "la barbarie pénitentiaire."

Dans un entretien au Journal du Dimanche de ce jour, accordé depuis le parloir de prison de Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais, le braqueur multirécidiviste Redoine Faïd, l'un des détenus les plus surveillés de France, depuis son arrestation en octobre 2018 après une spectaculaire évasion et trois mois de cavale, a raconté son quotidien à l'isolement.

A l'isolement, "on est emmuré vivant", décrit ce dernier. "On ne voit personne. On ne touche personne, au sens propre et au figuré. C'est l'exclusion totale : une vie de paria, de rebut de la société", "on survit hors du temps".

"Barbarie pénitentiaire"

Se défendant d'être une "victime", il affirme que "certains" surveillants "refusent les promenades ou le sport" quand d'autres le "mettent excessivement à poil" pour le fouiller et "regardent à plusieurs (ses) parties intimes", décrit aussi les "menottes à chaque déplacement".

"Toute la barbarie pénitentiaire est concentrée dans cette structure carcérale hyper criminogène. C'est fait pour écraser ton âme", commente-t-il derrière une vitre de plexiglas.

Il s'"impose une discipline en acier", "regarde franceinfo", dit avoir reçu "moins de dix visites" en un an.

Au cours de cet entretien, le braqueur a également raconté ses premiers jours de prison, après avoir été de nouveau interpellé. "En arrivant ici, j'ai passé quatre-vingts jours de mitard, à ma demande. La vraie liberté est de choisir qui tu veux être. Ils tapent sur moi parce que j'ai repris ma liberté", assure-t-il.

"Je n'ai pas de problèmes avec la société, la police ou la justice", assure encore le médiatique braqueur qui, en 2010, n'hésitait pas à se présenter comme repenti pour faire la promotion de son livre à la télévision.

Un recours contre ses conditions de détention?

Redoine Faïd, qui s'était déjà évadé en 2013 de la prison de Lille-Sequedin, a été définitivement condamné à 25 ans de réclusion pour son rôle d'"organisateur" dans un braquage raté en 2010, qui avait coûté la vie à une policière municipale, et doit être rejugé en 2020 pour le braquage d'un fourgon blindé.

Il risque très gros pour son évasion de Réau. "Ils peuvent me mettre un siècle s'ils veulent, je l'accepte. Parce que j'assume ce que je fais (...). Je ne changerai jamais", conclut-il.

Quant au sujet de ses conditions de détention, son avocate, Me Yasmina Belmokhtar, a annoncé au JDD qu'elle comptait déposer un recours auprès du tribunal administratif.

H.S. avec AFP