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"On a l'impression que ça recommence": Patrick Pelloux s'exprime après l'attaque à Paris

L'ancien collaborateur de Charlie Hebdo a réagi sur BFMTV à l'attaque à l'arme blanche qui s'est déroulée vendredi près des anciens locaux de l'hebdomadaire satirique.

"Comme une répétition." Invité ce samedi matin sur notre antenne, Patrick Pelloux est revenu sur l'attaque terroriste commise vendredi rue Nicolas-Appert à Paris, tout près des anciens locaux de Charlie Hebdo alors que se tient actuellement le procès des attentats de janvier 2015.

"Déjà que c’est pas facile de vivre ce procès pour toutes les parties civiles que ce soit du côté de Charlie Hebdo, de Montrouge ou de l'HyperCacher, c'est difficile", confie l'ancien collaborateur de l'hebdomadaire satirique.

Une attaque "symbolique"

"Là on a l’impression que ça recommence [...] c’est ce qu’ils (les auteurs de l'attaque, NDLR) cherchaient, c’est une vraie guerre. On l’a peut être oublié mais c'est une vraie guerre qui se joue", explique le médecin urgentise, soulignant que le principal suspect est originaire du Pakistan, "quelque chose qu’il faudra élucider".

L'ancien contributeur de Charlie Hebdo raconte avoir appris pour l'attaque par téléphone et avoir pu joindre Elise Lucet et ainsi qu'un responsable de Premières Lignes.

"Ce sont encore des journalistes qui ont été frappés hier", note notre invité, "s'ils s'attaquent à la rue Nicolas-Appert c’est symbolique, quasiment à l’heure près de l’attentat de Charlie Hebdo".

"Il faut avoir une attention particulière pour cette rue"

L'absence de dispositif de sécurité devant les anciens locaux de Charlie Hebdo interroge alors que le procès des attentats de janvier 2015 a ouvert début septembre. Selon le ministre de l'Intérieur, les autorités n'avaient reçu "à (sa) connaissance, aucune menace particulière pour la rue Nicolas-Appert.

"Depuis le démarrage du procès de Charlie Hebdo, il n’y a eu absolument aucune sécurité de cette rue et de cet immeuble symbolique", relate à BFMTV le co-dirigeant de Premières Lignes Luc Hermann. "Ce n'est pas un endroit comme les autres, et il doit être protégé en tant que tel", soutient de son côté l'autre cofondateur de l'agence Paul Moreira.

Avis partagé par Patrick Pelloux qui estime toutefois qu'une telle mesure n'est pas toujours facile à mettre en pratique.

"Si vous commencez à sécuriser tous les lieux de Paris où il y a eu un attentat, il y en a quand même beaucoup" reconnaît-il, "mais en cette période de procès nous avons tous eu notre sécurité augmentée. Il fallait probablement se poser des questions. Il faut avoir une attention particulière pour cette rue, notamment pour les habitants et le voisinage."

"Il faut prendre la menace très au sérieux"

Si Patrick Pelloux a par ailleurs salué l'intervention rapide des secours et forces de l'ordre, celle-ci permettant la prise en charge des deux blessés et l'arrestation du principal suspect - il estime que les forces de sécurité doivent selon lui "se remettre en cause".

"Il faut re-réfléchir sur comment on s'organise, comment on surveille mieux. Ça veut dire des moyens notamment aux services de renseignement", réclame celui qui est également président de l'Association des médecins urgentistes de France. "Ils (les assaillants, NDLR) ont une hargne, une violence contre ce que nous sommes, contre notre société, la République [...] il faut vraiment le prendre très au sérieux."
Hugues Garnier Journaliste BFMTV