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Octogénaire tuée par une grenade lacrymogène à Marseille: une photo au coeur de l'enquête de l'IGPN

Qui est responsable de la mort de Zineb Redouane, tuée par une grenade lacrymogène reçue à sa fenêtre, en marge d'une manifestation de gilets jaunes le 1er décembre dernier? Les éléments assemblés par l'IGPN commencent à faire surface mais l'identité de la personne à l'origine du drame reste inconnue.

Que s'est-il passé exactement sous les fenêtres de Zineb Redouane le 1er décembre à Marseille, en marge d'une manifestation de gilets jaunes? Quelle est l'identité du CRS qui a lancé la grenade lacrymogène ayant tué l'octogénaire, morte deux jours plus tard de ses blessures? Telles sont les questions revenant dans les crânes de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) qui se penchent sur ce dossier.

Le contenu des auditions des CRS et experts entendus par la police des police dans les derniers jours du mois de janvier commence ainsi à émerger. Parmi les pièces à la disposition des enquêteurs, une photo où l'on voit un CRS expédiant la grenade lacrymogène en direction d'un immeuble le 1er décembre. Au 4e étage de ce dernier, Zineb Redouane ferme à ce moment-là ses volets sur la manifestation et reçoit du même coup le tir de lacrymogène en plein visage. Ce même tir qui entraînera sa mort peu après. 

L'avocat de la fille de la victime réagit

Un expert balistique a été auditionné par l'IGPN. Il a assuré que la grenade avait été tirée vers le haut, conformément aux exigences de la procédure, mais à seulement 37 mètres du bâtiment. Cette distance a interpellé Yassine Bouzrou, avocat de la fille de la victime, qui réagi devant nos caméras:

"La trajectoire de tir montre clairement que ce policier vise l’immeuble. A partir de ce moment-là, il ne peut pas ignorer qu’il peut atteindre un habitant et mettre en danger les personnes qui habitent là."

70 CRS étaient présents sur place le jour du drame, mais ils n'étaient que cinq à détenir un lanceur de grenades. Les cinq individus en question ont défilé, entendus librement, devant l'IGPN. Tous disent n'avoir aucun souvenir de cette scène précise, tous jurent ne pas se reconnaître sur l'image prise du moment fatidique ni reconnaître un de leurs collègues. L'un des CRS a en revanche décrit une "ambiance de guérilla urbaine, très violente". 

Alexandra Gonzalez, avec Robin Verner