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Nice: la tentation du jihad chez les plus jeunes

Quatre jeunes habitant le même quartier de Nice sont partis en décembre faire le jihad en Syrie.

Quatre jeunes habitant le même quartier de Nice sont partis en décembre faire le jihad en Syrie. - -

Quatre jeunes issus d'un même quartier de Nice sont partis, en décembre, rejoindre le jihad en Syrie. D'après le maire de la ville, une trentaine de jeunes hommes auraient fait de même en l'espace d'un mois. Une situation qui échappe totalement à l'entourage de ces jeunes, qui ne voit généralement rien venir.

Frédéric, qui a eu 18 ans le 22 décembre dernier, a quitté Nice pour la Syrie après les fêtes de fin d'année. Désespérée, sa mère a sollicité une rencontre avec le maire de Nice, Christian Estrosi, et fait part de son intention d'aller chercher son fils à la frontière syrienne.

Mais l'histoire de ce jeune est loin d'être isolée. Trois adolescents résidant dans le même quartier que Frédéric ont eux aussi brutalement disparu en décembre. Selon les lettres qu'ils ont laissées à leurs parents, ils sont partis ensemble rejoindre le jihad en Syrie.

Quand l'entourage ne voit rien venir

Avant ce départ, ces jeunes se côtoyaient au club de football, où les responsables associatifs n'ont pas vu venir leur radicalisation. "Dans le domaine sportif, on a pensé à un certain moment qu'on était à l'abri de ce phénomène là. Que ça touche des gamins licenciés dans des clubs de foot, ça nous bouleverse et ça nous met en garde", affirme Abed Chokri, président du club de football fréquenté par les jeunes.

En garde pour que d'autres ne suivent pas la même voie. Mais pour l'imam Chatti Abdelfattah, il est difficile pour les responsables associatifs d'endiguer ce phénomène. "Franchement, on ne le voit pas se développer. Parce que ça se fait en cachette. C'est Internet", estime-t-il. Seuls quelques adolescents osent aborder le sujet avec lui, confie le religieux.

"L'autre jour un garçon m'a demandé: 'Est-ce qu'on peut aller au jihad?'. Je lui ai dit: 'Tu vis avec ta mère?'. Il m'a répondu que oui. Je lui ai dit de rester avec sa mère", rapporte l'imam.

D'après Christian Estrosi, une trentaine de jeunes hommes auraient ainsi quitté la ville pour la Syrie, en seulement un mois. Le maire UMP de Nice a demandé une aide d'urgence du ministre de l'Intérieur pour démanteler ces réseaux.

A.S. avec Benoit Ruiz et Kelly Laffin