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Nantes : perchés sur leurs grues, les pères réclament leurs enfants

Nicolas Moreno est retranché depuis samedi matin au sommet de la grue à Nantes.

Nicolas Moreno est retranché depuis samedi matin au sommet de la grue à Nantes. - -

Deux pères de famille sont retranchés depuis vendredi soir et samedi matin en haut de grues à Nantes, pour réclamer le partage de la garde de leurs enfants.

Deux pères de famille, privés du droit de garde de leurs enfants par décision de justice, ont pris d'assaut deux grues géantes des anciers chantiers navals de Nantes comme tribune pour leur cause.

Le premier père a passé la nuit à une quarantaine de mètres du sol, avec une banderole clamant "Benoît, deux ans sans papa". Il a été rejoint dans une autre grue par un père samedi matin, inspiré par son action et partageant son combat. Aucun de ces deux pères ne serait suicidaire.

Le premier homme s'appelle Serge Charnay. Il a été privé de droit de garde mais aussi de droit de visite de son fils depuis deux ans, à la suite d'une condamnation pour, notamment, "soustraction d'enfant".

Il avait déjà fait une grève de la faim

Le second père, Nicolas Moreno, qui réside dans le département de l'Isère, s'est déjà fait connaître par une grève de la faim de plus de trois semaines en novembre 2012 devant le palais de justice de Valence. Il a escaladé, samedi à l'aube, la seconde grue géante à la pointe de l'Ile de Nantes sur la Loire. Sur deux banderoles qu'il y a accrochées avec des ballons, on peut lire: "père un jour = père toujours" et "pères en galère, pères solidaires".

Pour sa part, il a fait appel en novembre 2012 d'un jugement du tribunal de Valence qui a confié à son ex-compagne la garde de leurs deux fils de moins de trois ans, avec néanmoins un droit de visite et de garde pour lui, mais la mère est partie s'installer dans les Landes, à quelque 750 km de son domicile.

"Ils n'ont pas d'autre choix"

Même s'il s'est désolidarisé de ces actions, Yann Vasseur, le président de SVP Papa, qui organise mercredi prochain une manifestation pour les droits des pères, a estimé qu'il était "scandaleux que des hommes en soient réduits à de telles extrémités à cause de l'application de la loi qui est faite par les juges aux affaires familiales : la loi actuelle est équitable, c'est l'interprétation qu'ils en font qui ne l'est pas".

"Les papas désespérés étant au nombre de 1,3 million, ils n'ont d'autres choix que de s'enchaîner aux grilles des tribunaux, commencer des grèves de la faim, parfois en mourir, parfois se pendre ou monter dans des grues", a estimé pour sa part Fabrice Mejias, président de SOS Papa.