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Nantes: ouverture d'une enquête après l'interpellation d'un manifestant

La vidéo d'une interpellation controversée le 12 septembre 2019 à Sevran (Seine-Saint-Denis) a été diffusée sur les réseaux sociaux.

La vidéo d'une interpellation controversée le 12 septembre 2019 à Sevran (Seine-Saint-Denis) a été diffusée sur les réseaux sociaux. - DR

L'homme a rendez-vous lundi à l'IGPN. Il avait effectué un signalement mi-août auprès de la police des polices, affirmant avoir été étranglé par un policier durant son interpellation.

Une enquête a été ouverte après la plainte d'un homme qui participait le 3 août à une manifestation d'hommage à Steve Maia Caniço. Il affirme avoir été étranglé par un policier durant son interpellation, a-t-on appris mercredi auprès du parquet.

"Une plainte a été reçue, l'enquête a été ouverte, les éléments de cette plainte donneront lieu à l'audition du plaignant et au vu de cette audition, nous préciserons les infractions qui peuvent être relevées", a expliqué à l'AFP le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès.

Pierre Sennès, qui confirmait des informations révélées par Mediapart, n'a pas communiqué d'autres éléments. "J'ai reçu des éléments d'information que j'ai demandés, dans le cadre d'une enquête, à faire préciser", a-t-il expliqué.

Une vidéo qui avait fait le tour des réseaux sociaux

Outre cette plainte pour tentative d'homicide, l'homme de 51 ans a également effectué à la mi-août un signalement à l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) et a rendez-vous lundi à l'IGPN de Nantes, selon son avocat Me David Libeskind. "Au niveau des éléments d'ordre médical, il peut justifier qu'il a été étranglé", a assuré Me Libeskind à l'AFP.

L'image de cet homme aux cheveux grisonnants vivement plaqué au sol par un policier de la Bac avait rapidement fait le tour des réseaux sociaux après la manifestation du 3 août.

L'homme affirme avoir été provoqué par les forces de l'ordre

En amont de cette interpellation qui a débouché sur une hospitalisation et une garde à vue, l'homme a affirmé avoir été provoqué par les forces de l'ordre qui reprochent, elles, un jet de bouteille dans leur direction.

"Il reconnaît avoir jeté une bouteille vide à destination des forces de l'ordre" alors qu'il se trouvait à une distance de 30 mètres, a précisé son avocat, ajoutant qu'"à l'issue de sa garde à vue, il a été relâché". "Si vraiment il y avait des éléments probants à son encontre, il aurait été déferré ou sa garde à vue aurait été prolongée", a-t-il fait valoir.

Au total, 42 personnes avaient été interpellées parmi les quelque 1.700 manifestants venus dénoncer les violences policières suite à la mort de Steve Maia Caniço.

Six enquêtes sont actuellement en cours pour déterminer les circonstances de la mort de ce jeune homme disparu pendant une soirée techno qui s'était terminée par une intervention policière controversée sur un quai de l'île de Nantes.

Clarisse Martin avec AFP