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Nancy: depuis 2011, Nelly réclame à l'administration son permis de conduire "fantôme"

Le précieux sésame sans lequel vous ne pouvez pas conduire.

Le précieux sésame sans lequel vous ne pouvez pas conduire. - Mychele Daniau - AFP

La Nancéienne a découvert en signalant la perte du précieux papier rose aux policiers en 2011, que l'obtention de son permis de conduire n'était pas inscrite au fichier. Depuis, l'affaire se règle devant le juge administratif.

Pour Nelly Clerget qui clame depuis juillet 2011 sa bonne foi, la banale perte de son permis de conduire signalée aux policiers, s'est transformé en une affaire kafkaïenne. Les problèmes de cette habitante de Nancy ont commencé à l'hôtel de police de la ville, lorsque celle qui a aujourd'hui 39 ans, était venue chercher un duplicata de son précieux sésame égaré.

"On m'a répondu qu'on n'en trouvait pas la trace", explique-t-elle à L'Est républicain

A sa stupéfaction, Nelly apprend par la bouche du policier qui effectue pour elle une recherche sur le Fichier national du permis de conduire (FNPC) qu'elle n'y figure pas. Ou plutôt si, mais dans la catégorie "en attente d'examen". Ce, depuis le 3 juillet 1998, soit la date de son inscription aux cours de conduite.

Sa bonne foi ne fait pas le poids

Reste que Nelly n'en démord pas. Ce permis, elle affirme l'avoir bel et bien obtenu le 4 février 1999. Dès le lendemain, elle appelle et envoie des courriers à la préfecture et à la Direction départementale des territoires qui gèrent les inspecteurs du permis de conduire. Ses réclamations restent lettre morte.

En septembre 2012, Nelly passe à la vitesse supérieure. Elle introduit une requête auprès du juge administratif pour "non-délivrance d'un duplicata de son permis de conduire. Des dommages et intérêts de 115.000 euros sont demandés dans la foulée. En mars 2014, le tribunal administratif rejette ses demandes en dépit de la production d'une dizaine de témoins, dont son ancienne monitrice d'auto-école. 

Las, le tribunal rejette sa requête arguant que le témoignage de sa monitrice étant vieux de 12 ans, ne suffit pas. Si, au moins, elle avait fait l'objet d'une verbalisation, ou louer une voiture...

Le Fichier national dysfonctionnerait

C'est non seulement Me Bourgaux, l'avocat de Nelly Clerget qui le dit, mais aussi et surtout un rapport officiel: le FNPC est l'objet de "graves dysfonctionnements". Il n'en fallait pas davantage, quelques mois après, pour que le Conseil d'Etat casse le premier jugement.

Nelly a donc réintroduit une requête, examinée mardi devant le juge de première instance. Elle a également produit "six attestations supplémentaires", dont celle de son père. Mais comme en 2014, relève L'Est républicain, la jeune femme est soupçonnée de vouloir "jeter le doute sur la crédibilité des données du FNPC".

Repartie à pied de l'audience, mardi, la conductrice dépossédée selon elle de son droit à conduire, a évoqué les pertes de chances que lui a causé cette situation inextricable. Notamment le fait d'avoir dû renoncer à plusieurs emplois, faute de permis.

David Namias