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"Mur des cons" du SM: plaintes et réactions en chaîne

Dans la matinée, Robert Ménard, ex-président de Reporters sans frontières, a fait savoir, dans un communiqué, qu'il avait saisi son conseil, maître Gilles-William Goldnadel, "pour qu'il dépose, en (s)on nom, une plainte pour injures contre ce syndicat"

Dans la matinée, Robert Ménard, ex-président de Reporters sans frontières, a fait savoir, dans un communiqué, qu'il avait saisi son conseil, maître Gilles-William Goldnadel, "pour qu'il dépose, en (s)on nom, une plainte pour injures contre ce syndicat" - -

Des dizaines de portraits de personnalités, d'intellectuels et de journalistes sont épinglés sur un "mur des cons" au sein du Syndicat de la magistrature, provoquant une vague d'indignation. Patrice Ribeiro et Robert Ménard ont l’intention de porter plainte.

Révélé mercredi par le site Atlantico, le "mur des cons" du Syndicat de la Magistrature, où des photos de nombreuses personnalités judiciaires, politiques et médiatiques sont épinglées, a provoqué un tollé.

Christian Jacob, parmi les visages accrochés au mur, ne cache pas sa colère sur le plateau de Ruth Elkrieff. Le chef de file des députés UMP à l'Assemblée nationale va porter plainte. Il juge "consternante" la réponse de Christiane Taubira et demande à François Hollande d'indiquer quelle suite il entend donner.

Un "mur de la honte" pour Morano

Au micro de BFMTV, Nadine Morano, s'est indignée contre le "mur de la honte". Dans sa lancée, l'ancienne ministre UMP a même demandé à la garde des Sceaux Christiane Taubira de partir.

"Je dis trop c'est trop, jour après jours, ce sont des scandales dans ce gouvernement", pointe-t-elle.

Plus tôt dans la journée, Nadine Morano avait déjà commenté l'affaire sur Twitter, parlant du "vrai visage du syndicat de la magistrature",

On parle de moralisation ? Le déshonneur et le vrai visage du syndicat de la magistrature : le mur des cons... atlantico.fr/decryptage/jus...
— Nadine Morano (@nadine__morano) 24 avril 2013

La réaction de la garde des Sceaux n'a, en effet, pas satisfait les rangs de la droite. Interpellée sur ce sujet lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, Christiane Taubira regrette "une action malheureuse" du SM. "Les personnes qui se trouvent sur ce panneau sont parfaitement fondées à déposer plainte", poursuit-elle, sans préciser toutefois si elle saisirait le Conseil supérieur de la magistrature sur cette affaire.

"Un tableau de chasse" pour Patrice Ribeiro

Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat de police Synergie-Officiers, et Robert Ménard, ex-président de Reporters sans frontières ont aussi annoncé leur intention de porter plainte.

"Je me réserve de porter plainte pour injure", indique Patrice Ribeiro, après avoir découvert son portrait dans ce qu'il qualifie comme "un tableau de chasse établi par les magistrats". "Ce sont des pratiques scandaleuses de la part de ceux qui doivent dire le droit, qui, en plus, confine au sordide en épinglant le père d'une des victimes de Guy Georges", ajoute-t-il.

Dans la matinée, Robert Ménard, ex-président de Reporters sans frontières, a fait savoir, dans un communiqué, qu'il avait saisi son conseil, maître Gilles-William Goldnadel, "pour qu'il dépose, en (s)on nom, une plainte pour injures contre ce syndicat". "Comme citoyen, je ne peux que m'alarmer à l'idée de pouvoir me retrouver un jour face à un magistrat appartenant à un syndicat qui m'aura donc qualifié de 'con' et l'aura, en l'affichant dans ses locaux, fait savoir à ses adhérents", dénonce-t-il.

Marine Le Pen opposée au syndicalisme chez les magistrats

De son côté, Bernard Accoyer (UMP) propose "d'élargir les motifs de récusation" d'un juge lorsque ses décisions ou celles de son syndicat peuvent entraîner un soupçon sur son impartialité. "Les promoteurs de ce 'murs des cons' ont-ils entendu établir une 'liste noire' de personnalités constituant des cibles désignées? Dans ces conditions, tout justiciable serait fondé à s'inquiéter", écrit-il.

En marge d'un déplacement, Marine Le Pen, s'est dite, pour sa part, opposée au syndicalisme chez les magistrats. "Nous envisageons de réclamer maintenant la transparence de l'affiliation syndicale des magistrats et nous envisageons toute action de droit pour mettre fin à ce qui représente un véritable scandale d'État", ajoute-t-elle.

"Nous sommes globalement considérés par ce syndicat comme des cons fascistes. J'aimerais d'ailleurs savoir ce que la cour européenne des droits de l'homme pensera. Ses juges vont s'étouffer en voyant révélée cette affaire. J'attends avec impatience les dénégations piteuses probablement que ne manquera pas d'exprimer madame Taubira face à cette situation", poursuit-elle.

Pour le vice-président du FN Louis Aliot, "se pose clairement aujourd'hui la question de la dissolution de ce syndicat subversif contraire aux principes démocratiques élémentaires".

"On est toujours le con de quelqu'un"

Dans le monde judiciaire, Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (majoritaire), a souligné sur Twitter sa "surprise attristée d'être sur le mur des cons". "On est toujours le con de quelqu'un, dit la maxime", philosophe-t-il, tout en ajoutant: "La magistrature n'a pas besoin de ça".

On est tjrs le con de quelqu'un, dit la maxime. Surprise attristée d'être sur le mur des cons du SM. La magistrature n'a pas besoin de ça !
— Christophe Regnard (@cregnardUSM) 24 avril 2013

L'Institut pour la justice (IPJ), association classée à droite, dont le secrétaire général Xavier Bébin est également placardé sur le mur, demande "la dissolution" du SM. L'IPJ "n'a pas de mots pour qualifier l'indécence morale de la présence" sur ce mur du "père de Pascale, violée et assassinée par Guy Georges", ajoute l'association.

Le SM, deuxième syndicat de magistrats, s'était déjà attiré des critiques à droite pendant la campagne présidentielle de 2012 pour avoir appelé à voter contre Nicolas Sarkozy.


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