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Mort d'un homme interpellé à Paris en 2015: l'avocat demande de nouvelles mises en cause

Police (illustration)

Police (illustration) - AFP

Trois policiers ont déjà été mis en examen à la suite de la mort d'Amadou Koumé lors de son arrestation dans un bar proche de la gare du Nord.

L'avocat de la famille d'Amadou Koumé, un homme mort lors de son arrestation à Paris en 2015, a demandé de nouvelles mises en cause dans ce dossier où trois policiers ont déjà été mis en examen, a appris l'Agence France Presse (AFP) ce vendredi de source proche du dossier.

Dans la nuit du 5 au 6 mars 2015, le décès d'Amadou Koumé, 33 ans, père de trois enfants, avait été constaté au commissariat après son arrestation dans un bar proche de la gare du Nord. Les policiers avaient été appelés par le personnel en raison de son comportement agité.

L'avocat demande la mise en cause d'une dizaine de policiers

Un premier policier, membre d'une brigade anticriminalité (BAC), avait été mis en examen en mars 2017 dans ce dossier pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Deux autres l'ont été pour "homicide involontaire" en octobre 2019.

Mais selon des éléments du dossier, dont l'AFP a eu connaissance, seize policiers seraient intervenus à un moment ou à un autre de l'arrestation ou du transport d'Amadou Koumé au commissariat du Xe arrondissement parisien, où son décès a été constaté. Le Point a diffusé ce vendredi une vidéo de l'intervention, prise par une caméra de surveillance du bar.

Dans un courrier transmis mi-juin aux magistrats-instructeurs en charge du dossier, Me Eddy Arneton demande que parmi les seize policiers, un soit mis en cause pour des "violences volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner", huit pour "non assistance à personne en péril" et trois pour ces deux qualifications pénales cumulées.

Me Eddy Arneton demande en outre que les trois policiers déjà mis en examen en 2017 et 2019 le soient également pour "non assistance à personne en péril".

Un "étranglement de 4 minutes"

L'autopsie d'Amadou Koumé avait conclu à un "décès par œdème pulmonaire survenu dans un contexte d'asphyxie et de traumatisme facial et cervical". Dans son courrier, l'avocat souligne qu'un "étranglement de 4 minutes" a été pratiqué sur Amadou Koumé avant qu'il ne soit "maintenu en position de décubitus ventral (ndlr: allongé sur le ventre) entre 4 et 6 minutes".

Contacté par l'AFP, Me Eddy Arneton a indiqué que "le dossier d'instruction ne peut être clôturé tant que l'ensemble des responsables de la mort d'Adamou Koumé ne sont pas mis en examen".

Une enquête préliminaire menée par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) s'était conclue par un classement sans suite, mais une plainte de la famille avec constitution de partie civile avait été déposée en juillet 2015, menant à la saisine d'un juge d'instruction.

F.B. avec AFP