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Mort d'Elisa Pilarski: où en est l'enquête?

Une photo d'Élisa Pilarski diffusée sur son compte Facebook.

Une photo d'Élisa Pilarski diffusée sur son compte Facebook. - FACEBOOK

Près de trois mois après la mort d'Elisa Pilarski, le doute demeure sur la responsabilité des chiens de chasse ou de celui de la victime. Tandis que la juge d'instruction s'est rendue sur place mercredi, les résultats d'ADN effectués en novembre n'ont toujours pas été communiqués.

Saura-t-on bientôt quel chien est à l'origine de la mort d'Elisa Pilarski, cette femme sauvagement tuée par au moins un chien dans l'Aisne en novembre dernier? Mercredi, un transport sur les lieux a été organisé par la juge d'instruction chargée de l'enquête. Mais les résultats de test effectués sur les 67 chiens mis en cause n'ont toujours pas été rendus publics, s'offusquent les différentes parties.

  • "La présence de chiens menaçants"

Alors enceinte, Elisa Pilarski, 29 ans, part se promener le 16 novembre avec l'un de ses cinq chiens, un American Stafforshire, prénommé Curtis. Durant la balade, la jeune femme appelle son compagnon pour lui signaler "la présence de chiens menaçants". Ce dernier découvre finalement son corps dans l'après-midi, en forêt de Retz, où une chasse à courre est organisée en parallèle. Les chiens du couple sont aussitôt saisis et placés en fourrière.

L'autopsie conclut à "une hémorragie consécutive à plusieurs morsures de chiens aux membres supérieurs et inférieurs ainsi qu'à la tête". Une information judiciaire contre X est ouverte pour "homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement résultant de l'agression commise par des chiens".

  • Des premiers tests innocentent les chiens de chasse

Des prélèvements génétiques sont effectués sur 67 chiens, dont 62 chiens de l'association "le Rallye la passion" organisatrice de la chasse, et les cinq chiens de la victime.

En parallèle, des vétérinaires mandatés par les gendarmes inspectent les chiens de l'équipage et affirment "qu'aucun ne présentent de traces de morsure", ce qui laisse penser qu'ils ne sont pas impliqués dans une attaque groupée.

  • Le chef de la chasse à courre passe à l'offensive

Fin janvier, Sébastien van den Berghe, le chef de la chasse à courre est placé sous le statut de témoin assisté à sa demande.

"On a été mis en cause médiatiquement, sans qu'on ait jusqu’alors la possibilité de se défendre, donc on a demandé à la juge d'instruction de nous octroyer ce statut", explique alors son avocat Guillaume Demarcq, avant d'ajouter: "Avec ce statut intermédiaire entre la mise en examen et le statut de témoin simple, ils auront accès au dossier et Sébastien van den Berghe pourra désormais se défendre judiciairement."
  • Transport sur les lieux et audition

Ce mercredi, la juge d'instruction chargée de l'enquête s'est donc déplacée sur les lieux du drame et a entendu, pendant cinq heures selon Le Parisien, le maître d'équipage du Rallye la Passion. Ce dernier a réaffirmé que ses chiens n'avaient rien à voir avec la mort d'Elisa Pilarski.

"Il a répondu aux questions de la juge et raconté comment la journée s'était passée. Ils ont fait la messe, pris un pot comme c'est la Saint-Hubert et après ils sont allés au rendez-vous de chasse", a rapporté Guillaume Demarcq, déplorant que cette affaire devienne le "procès de la chasse à courre" intenté selon lui par les opposants à cette pratique.
  • Les résultats des tests ADN attendus 

Les résultats des analyses des relevés ADN effectués en novembre sur les 67 chiens n'ont toujours pas été communiqués. Ces derniers pourraient permettre d'innocenter les chiens du Rallye la Passion ou ceux de la victime. Selon Le Parisien, les résultats n'ont toujours pas été transmis à la juge d'instruction, ce que déplore le compagnon de la victime, Christophe Ellul tout comme le maître d'équipage: 

"J'en appelle officiellement au procureur de la République de Soissons à rendre publics, le plus rapidement possible, certains éléments objectifs de la procédure", exige Me Demarcq dans les colonnes du Parisien.

Le procureur de la République de Soissons, Frédéric Trinh ne devrait pas communiquer sur l'affaire avant son retour de vacances, d'ici une dizaine de jours. Parallèlement, le chien Curtis a depuis attaqué une bénévole au refuge où il a été placé. 

Esther Paolini avec AFP