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Meurtre-et-Moselle: cinq militaires déposent plainte pour harcèlement moral

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tribunal - DAMIEN MEYER

Les plaignants sont des militaires ou anciens militaires de la base aérienne de Nancy-Ochey.

Cinq militaires ou anciens militaires de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey, près de Toul (Meurtre-et-Moselle) ont déposé plainte, il y a une dizaine de jours, devant le procureur de la République de Metz, pour harcèlement moral notamment lors de bizutages, rapporte ce samedi L'Est Républicain.

Parmi les cinq plaignants, deux femmes et trois hommes, deux ont "démissionné de l'armée, les trois autres sont en arrêt ou ont demandé leur mutation", a précisé leur avocat, Me Frédéric Berna, cité par nos confrères.

Comportements misogynes

"Tous dénoncent une détérioration de leurs conditions de travail liée à un harcèlement moral institutionnalisé au sein de l’armée. Sur la base de dénigrements permanents, d’humiliations, de mauvais traitements qui sont nommés 'bahutages' pour ne pas tomber sous le coup de la loi sur le bizutage", a-t-il ajouté.

Selon France Bleu, l'avocat dénonce également des comportements misogynes.

"Il a été demandé à des femmes, des officiers de haut-rang, d'aller montrer leurs seins en bout des pistes aux pilotes lors des atterrissages ou des décollages. On impose aux femmes de faire des briefings stratégiques au milieu de posters de photos de femmes nues, on donne des surnoms dégradants et à connotation sexuelle aux jeunes femmes", a-t-il détaillé à nos confrères.

Rendez-vous avec Florence Parly

Me Frédéric Berna a précisé à l'Agence France-Presse qu'il allait demander un rendez-vous avec la ministre des Armées Florence Parly pour aborder "le côté institutionnalisé des pratiques de harcèlement et insister sur la nécessité de lutter contre les comportements de harcèlement et de discrimination dans cette base".

"Notre plainte vise à faire ouvrir une enquête et à déterminer les responsabilités", a souligné Me Berna à l'AFP, précisant qu'elle doit permettre aussi de vérifier si certains actes sont seulement sexistes et "ne s'inscrivent pas en agressions sexuelles".
Fanny Rocher avec AFP