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Meurtre de Sarah Halimi: plusieurs manifestations en France pour réclamer "justice"

Des centaines de personnes ont manifesté ce dimanche pour dénoncer la décision de la cour d'appel de Paris qui a jugé irresponsable l'homme accusé du meurtre de la sexagénaire en 2017.

Des centaines de personnes se sont rassemblées à Paris, Marseille ou Montpellier pour réclamer "justice" pour Sarah Halimi, tuée en 2017 par un homme qui a été jugé irresponsable par la cour d'appel de Paris en décembre

“Juifs traqués, République en danger”

Dans la capitale, un appel à deux rassemblements avait été lancé, l'un pour les véhicules à 13h30 place de la Nation et un second place de la République pour les piétons à 14 heures. Là, des centaines de badauds ont brandi des pancartes "Justice pour Sarah", "Juifs traqués, république en danger" ou "En France, on tue des grands-mères parce qu’elles sont juives".

"Nous ne demandons pas que Kobili Traoré soit condamné, nous demandons qu’il y ait un procès, un procès devant la justice, un procès que mérite ma soeur et que la justice doit nous donner. Il y a eu trop de dysfonctionnements pendant cette instruction”, a estimé auprès de BFMTV William Attal, le frère de Sarah Halimi.

Parmi les personnalités présentes se trouvaient notamment Isabelle Balkany ou l’écrivain Marek Halter, qui a mis en garde contre une décision qui pourrait "introduire une nouvelle jurisprudence".

À Marseille, La Provence indique que 1000 à 2000 personnes ont manifesté dans les rues de la cité phocéenne. Tout comme à Montpellier, où environ 200 personnes se sont réunies derrière une banderole "Justice pour Sarah", d’après nos confrères de Midi-Libre. En Corse également, des appels aux rassemblements avaient été lancés à Bastia et Ajaccio.

En proie à une "bouffée délirante"

La nuit du 3 au 4 avril 2017, Kobili Traoré s'est introduit chez sa voisine de 65 ans, Lucie Attal -aussi appelée Sarah Halimi- au troisième étage d'un immeuble HLM du quartier populaire de Belleville. Il est passé par le balcon après avoir traversé l'appartement d'une famille d'amis, barricadés dans une chambre. Aux cris d'"Allahou Akbar", entrecoupés d'insultes et de versets du coran, le jeune musulman de 27 ans roue de coups la sexagénaire avant de la précipiter dans la cour.

Depuis, un bras de fer judiciaire s'était engagé, d'abord sur la qualification antisémite du meurtre que les juges d'instruction avaient écartée en juillet, puis sur la responsabilité pénale du jeune homme. Le 19 décembre, la cour d'appel de Paris a finalement déclaré Kobili Traoré, mis en examen pour le meurtre de la sexagénaire juive, pénalement irresponsable, estimant que ce consommateur de cannabis était alors en proie à une "bouffée délirante". Il ne pourra donc pas être jugé aux assises, selon la décision qui a provoqué la colère des parties civiles et de représentants de la communauté juive.

Esther Paolini avec AFP