BFMTV

Meurtre d'Alexandre: deux personnes mises en examen pour assassinat

Des agents de police amenant les suspects au Palais de justice de Pau

Des agents de police amenant les suspects au Palais de justice de Pau - -

Deux personnes ont été mises en examen pour assassinat dans l'enquête sur la mort d'Alexandre Junca en juin 2011 à Pau.

Une deuxième personne, un homme de 25 ans, a été mis en examen à Pau samedi soir pour l'assassinat du jeune Alexandre Junca en juin 2011, après une femme de 47 ans un peu plus tôt.

Cet homme, "Mike", qui porte le même prénom que la personne ayant signé le registre de condoléances d'Alexandre en indiquant "celui qui t'a fait ça gît sous terre", mention qui a mis les enquêteurs sur la piste des milieux marginaux, est apparu aux journalistes maigre, de taille moyenne, le front dégarni, l'air hagard.

Le juge des libertés et de la détention devait décider s'il l'incarcérerait. Pendant ce temps un troisième homme comparaissait devant le juge d'instruction, tandis que celui qui est présenté depuis mercredi comme "le principal suspect" était toujours gardé à vue, celle-ci devant légalement s'achever dimanche matin au plus tard.

Mis en examen pour meurtre avec préméditation

Comme la femme, qui a été écrouée par le juge des libertés et de la détention, cet homme a été mis en examen pour avoir, entre le 4 et le 26 juin 2011, donné la mort à Alexandre Junca avec préméditation, avec des circonstances aggravantes d'actes de torture et de barbarie, et pour avoir enlevé le 4 juin 2011, puis détenu et séquestré plus de sept jours le jeune homme en bande organisée, avec la circonstance aggravante qu'il s'agissait d'un mineur de quinze ans.

Le principal suspect ne semblait pas avoir encore formellement avoué, dans la journée de samedi. Mais, après avoir raconté aux enquêteurs qu'un de ses amis avait frappé à coups de marteau Alexandre qui l'aurait accidentellement percuté avec son vélo, il a finalement indiqué que cet ami n'était pas sur les lieux, et que lui-même, en revanche, avait bien croisé Alexandre le soir du drame, et qu'il était en possession d'un marteau, a indiqué une autre source.

Cet outil serait la même arme que celle avec laquelle il a agressé un SDF à Pau le 12 juillet 2011, un mois après la disparition d'Alexandre, agression pour laquelle il est en prison en Dordogne actuellement.

Six personnes placées en garde à vue

Au total, six personnes ont été placées en garde à vue, depuis mercredi, dans la région de Pau dans le cadre de l'information judiciaire ouverte au tribunal de grande instance pour l''assassinat d'Alexandre Junca. Deux d'entre elles ont depuis été remises en liberté.

Alexandre avait disparu le 4 juin 2011 alors qu'il se rendait chez son père, dans le centre de Pau. Un fémur de l'adolescent avait ensuite été retrouvé le 26 juin dans le Gave de Pau, puis le reste de son corps les 19 et 20 octobre, alors qu'il gisait sous des gravats, dans cette même rivière.

Son corps, démembré, avait été découpé par plusieurs outils différents, et sans doute par des personnes différentes, sans qu'on puisse encore déterminer combien il y a eu de meurtriers.

Ce crime a donné lieu à plus de 2.000 procès-verbaux, des centaines d'auditions et quelques gardes à vue sans suite et suscité d'importantes manifestations de solidarité à Pau.