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Menaces lors d'une soirée bruyante en plein confinement: un eurodéputé RN visé par une enquête

L'eurodéputé du Rassemblement national Jérôme Rivière.

L'eurodéputé du Rassemblement national Jérôme Rivière. - Kenzo Tribouillard

Jérôme Rivière est visé par une enquête pour menaces de mort, notamment, impliquant des convives à une soirée organisée au domicile de l'élu du Rassemblement national pendant le confinement.

Plainte contre plainte. L'eurodéputé du Rassemblement national Jérôme Rivière est visé par une enquête pour "tapage nocturne", "injures publiques" et "menaces de mort" ouverte par le parquet de Paris selon des informations du Point et de Mediapart. Les faits se sont déroulés dans la soirée du 13 décembre dernier. 

Ce soir-là , Jérôme Rivière organise un dîner à son domicile, dans le 8e arrondissement de la capitale, avec son épouse et au moins trois convives, selon Médiapart. Le confinement est encore en vigueur à cette date. Plusieurs habitants de l'immeuble se plaignent du bruit auprès de l'élu, sans succès. Des insultes fusent à l'encontre des voisins mécontents, ont-ils relaté au média en ligne. 

"Je vais te couper la tête"

Après le passage d'une patrouille de police, appelée par un voisin, la situation s'envenime et des menaces sont proférées par au moins un invité, filmé par un adolescent depuis une fenêtre. Une vidéo est d'ailleurs diffusée sur le site de Médiapart. "C'est pour les chasseurs de tête. Ils vont te couper les cheveux. Ils vont te raser la tête", l'entend-on. Il aurait ajouté, selon l'adolescent, confirmé par un voisin: "Je vais te couper la tête".  Une plainte a été déposée le lendemain, le 14 décembre.

Contacté par Médiapart, Jérôme Rivière a démenti les insultes et menaces, assurant avoir organisé simplement "un dîner de travail". L'eurodéputé a néanmoins consenti "qu'il y avait de la musique" et qu'il a "fini par la baisser". A BFMTV, l'élu explique avoir porté plainte pour dénonciation calomnieuse et estime qu'il s'agit d'une affaire "privée".

"Il y avait cinq personnes au total chez moi, ma femme et moi compris, ce n’était pas une soirée mais un dîner, assure l'eurodéputé. L’erreur que j’ai pu comettre, c’est de dire aux gens d’aller fumer à la fenêtre. Quand les policiers se sont présentés, j'ai baissé le son."

Plainte pour "dénonciation calomnieuse"

Jean-Lin Lacapelle, eurodéputé du Rassemblement national, était présent ce soir-là. Facilement identifiable sur la vidéo diffusée par Mediapart, il évoque lui-aussi "un dîner de travail" alors que le Parlement était fermé à cette période. "On a mis un peu de musique à la fin du dîner, on a ouvert la fenêtre parce qu'il y avait des fumeurs", plaide-t-il également.

Reconnaissant avoir "bravé le confinement", il estime qu'il n'y a rien d'"illégal" et assure "n'avoir prononcé aucune menace de mort". Lui aussi dit avoir porté plainte pour dénonciation calomnieuse.

J.C., Benjamin Duhamel avec AFP