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Marseille: une collaboratrice du maire de La Courneuve suspendue après avoir qualifié l'assaillant de "martyr"

Un hommage rendu à l'une des deux victimes de l'attaque de la gare Saint-Charles à Éguilles, près de Marseille, le 2 octobre 2017

Un hommage rendu à l'une des deux victimes de l'attaque de la gare Saint-Charles à Éguilles, près de Marseille, le 2 octobre 2017 - Anne-Christine Poujoulat-AFP

Une collaboratrice à la mairie de La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, a qualifié l'assaillant de Marseille de "martyr" et fait le parallèle entre le terrorisme et les violences conjugales. Elle a été suspendue de ses fonctions.

L'emploi du terme "martyr" et le rapprochement entre le terrorisme et les violences conjugales ont choqué. Deux jours après l'attaque mortelle au couteau de deux jeunes femmes de 20 ans sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille, une collaboratrice du maire de La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, a tenu sur Twitter des propos qui ont suscité la controverse.

"Quand un martyr égorge une femme et poignarde une autre là ça fait du bruit. Terrorisme, du sang, civilisation bla bla bla… Par contre que le terrorisme patriarcal nous tue (sous entendu les femmes, NDLR) tous les deux jours on l’entend moins votre grande gueule", a-t-elle écrit mardi dans un post qui a depuis été supprimé, rapporte Le Parisien.

Le maire condamne des propos "inacceptables"

Ces propos ont particulièrement fait réagir chez les internautes d'extrême droite. Jordan Bardella, le nouveau porte-parole du Front national, a effectué un signalement auprès du procureur de la République de Bobigny pour dénoncer ce qu'il considère comme des propos faisant l'"apologie du terrorisme".

Le maire communiste de La Courneuve, interpellé, a réagi. Gilles Poux a assuré sur Twitter condamner "sans nuance" les propos de sa collaboratrice. "Les propos tenus par Sonya Nour sont inacceptables." Mais il a cependant dénoncé le "racisme ignoble" de certains internautes qui ont dénoncé avec violence les mots de sa collaboratrice.

Dans un communiqué de presse, il a également annoncé quelques heures plus tard avoir engagé une mesure disciplinaire et suspendu immédiatement sa collaboratrice. Il y dénonce à nouveau des mots "qui minimisent et banalisent des actes de terrorisme d'une sauvagerie inouïe" qui "ne méritent que condamnation".

"Ces faits s'inscrivent en totale contradiction avec les valeurs de solidarité et de justice portées par notre municipalité."

"Je n'ai jamais fait d'apologie de terrorisme"

Face à l'ampleur de la polémique, Sonia Nour a tenu à apporter "une clarification". "Le mot martyr ne veut pas dire 'le juste', a-t-elle indiqué sur Facebook. Je l'emploie pas dans le sens chrétien mais dans le sens psychanalytique du terme. D'un point de vue narcissique."

"En France, nous avons l'équivalent d'un Bataclan chaque année pour les femmes (...) En quoi le crime dit 'islamiste' serait plus atroce que le crime de femmes par leur conjoint ou ex? Je ne minimise rien du tout au contraire. Je veux mettre en lumière l'hypocrisie qui veut que ces crimes ne soient jamais étudier sur le plan de la construction humaine et surtout de la construction masculine mais sur un versant culturaliste voir raciste."

"Je n'ai jamais fait d'apologie de terrorisme", se défend-elle encore dans une autre publication.
Céline Hussonnois-Alaya