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« Les RG, une police des trous de serrures »

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Le Point révèle cette semaine le contenu des carnets de l’ancien patron des Renseignements Généraux, qui contiennent de nombreux détails scabreux.

Dans son édition d'aujourd'hui daté du 9 octobre, l'hebdomadaire Le Point dévoile les carnets personnels d'Yves Bertrand, directeur des Renseignements Généraux (RG) de 1992 à 2003. Dans ces carnets, Yves Bertrand notait tout (et n'importe quoi) sur les hommes politiques et les personnalités fichées. On y apprend ainsi que tel ministre « prend de la cocaïne », que tel homme politique « est bisexuel »... La vie privée de ceux qui comptent y est étalée, selon des sources plus ou moins fiables. Ces notes, Yves Bertrand les mettait au service de sa hiérarchie, à savoir le Ministère de l'Intérieur, Matignon et l'Elysée. L'homme est ainsi soupçonné de s'être servi de ces « informations » pour façonner « coups tordus et déstabilisations politiques ».

Ce matin sur RMC, Christophe Labbé, journaliste au Point, est revenu sur ce que ces carnets révèlent : « 23 carnets dans lesquels l'ancien patron des Renseignements Généraux notait tout, absolument tout : les enquêtes qu'il commandait, les informations que ses troupes lui remontaient, que des informateurs lui remontaient sur telle ou telle personnalité, sur telle ou telle affaire, et il notait aussi en parallèle tout ce qui concernait sa vie privée. Mélangée aux informations les plus sensibles, on trouve la liste des courses ».

« Dans l'article, on ne cite pas de noms car en lisant ces carnets on voit tout le travail qui a été fait par les RG sous Yves Bertrand : un travail de police politique, une police qui n'hésitait pas à passer la tête dans la chambre à coucher ou dans le cabinet médical. Il y a des indications très intimes sur les personnalités qui sont fichées et des informations qui concernent aussi l'aspect médical : pour telle personne on va indiquer qu'elle a le Sida, pour telle autre personne qu'elle a un cancer. On est vraiment dans une police de trous de serrures. Avec Edvige, on n'a rien inventé : les RG sous Yves Bertrand, c'était 800 000 personnes fichées. Avec Edvige on a essayé de blanchir une partie de ces informations ».

La rédaction-Bourdin & Co