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Le récit de l'attaque du centre-ville de Strasbourg par un homme armé

Un homme a tiré des coups de feu mardi soir en plein coeur de Strasbourg, tuant deux personnes et en blessant quatorze autres. Récit d'une soirée cauchemardesque.

C'est en plein centre historique que la fusillade a éclaté. Il est 19h45 quand un homme ouvre le feu rue des Orfèvres à Strasbourg, à quelques pas du marché de Noël sur le point de fermer. La rue qui est l'une des plus animées de la ville est alors bondée de monde.

Chasse à l'homme

Un serveur, témoin de la fusillade, dit avoir entendu une "grosse détonation" et aperçu un corps allongé au sol. Plus loin, un homme de dos s'enfuit arme à la main vers une des ruelles à proximité. Le tireur récidive au niveau du Pont de Corbeau, un des points d'accès du centre historique de Strasbourg. Quelques minutes plus tard, il est aperçu place Gutenberg.

Armé selon certains témoins d'une arme de poing et d'une arme blanche, il tue en quelques minutes trois personnes et en blesse treize autres. Les militaires de l'opération Sentinelle présents sur les lieux pour sécuriser le marché tente alors de le neutraliser. Mais l'homme s'engouffre dans un taxi et prend la fuite. 

Selon le chauffeur de ce taxi, le trajet ne dure que quelques minutes. Le tireur blessé au bras gauche par le tir d'un militaire, se fait déposer devant le commissariat de police du quartier Neudorf où il est localisé par les forces de l'ordre vers 20h45. Une chasse à l'homme s'engage au sud de la ville. Entre 20h20 et 21h plusieurs échanges de tirs ont lieu mais l'homme réussit finalement à s'enfuir.

Juste après l'attaque, un message est diffusé sur les réseaux sociaux par les autorités, demandant aux habitants de la ville de rester chez eux. Pendant ce temps les quartiers alentours sont bouclés et évacués par les forces de l'ordre. Policiers, militaires et secours investissent les rues.

"Tout le monde courait partout"

La panique gagne la foule: "Des enfants pleuraient, tout le monde courait partout.. je me suis dit que ça devait être très très grave et quand j'ai compris que c'était des coups de feu j'ai pris la fuite", explique Issam, présent sur les lieux au moment du drame.

Des centaines de personnes se réfugient dans des commerces ou des théâtres sur ordre de la police. Lycées et gymnases sont ouverts pour prendre en charge les habitants sans possibilité de rentrer chez eux.

Un dispositif de sécurité est déployé du côté du Parlement européen où un député autrichien est en plein discours lorsqu'il apprend que le bâtiment est confiné par mesures de sécurité.

Une cellule de crise est mise en place. Des clients se retrouvent confinés dans des supermarchés et les passants sont sommés de courir pour se mettre à l'abri:

"Tout le monde nous dit "courez courez" alors on arrive vers la place de la cathédrale, puis rue Gutenberg et au coin de la ruelle je vois un homme avec un fusil énorme, raconte une jeune femme présente sur les lieux avec sa mère. Ce n'était pas un policier, il n'avait pas de gilet pare-balles".

Manon Fossat