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Police-Justice

Le rappeur Moha La Squale condamné à six mois de prison aménageable

Moha La Squale dans le clip de Bendero

Moha La Squale dans le clip de Bendero - Capture d'écran - Clip de Bendero - Youtube

L'artiste était jugé pour refus d'obtempérer, outrage et rébellion lors d'une interpellation "un peu musclée" à Paris, en juin 2020. Lors de son procès, il s'était dit "désolé pour tout ce qui s’est passé".

Moha La Squale ne dormira pas en prison ce soir. Le tribunal judiciaire de Paris a condamné ce jeudi le rappeur parisien à six mois de prison ferme, avec aménagement sous bracelet électronique. Il a comparu en mars dernier pour "refus d'obtempérer", "outrage" et "rébellion" à la suite d'un contrôle routier "un peu musclé" à Paris, en juin 2020.

"Par rapport aux réquisitions, on a une peine plus mesurée dans son quantum, ce qui est satisfaisant", a réagi son avocate Me Elise Arfi à BFMTV.com.

Le parquet avait en effet requis dix mois de prison ferme, avec aménagement sous bracelet électronique.

L'artiste doit par ailleurs verser une amende de 400 à 500 euros aux policiers qui se sont constitués partie civile.

Rodéo urbain

De son vrai nom Mohamed Bellahmed, l'artiste avait été contrôlé dans le XVIIIe arrondissement de Paris, alors qu'il faisait l'objet d'un mandat de recherche pour refus d'obtempérer aggravé. Moha La Squale avait d'abord réussi à prendre la fuite à pied avant d'être rattrapé et "difficilement menotté" par trois policiers.

Il était alors recherché pour avoir participé à un "rodéo à moto le 21 mai dans le XXe arrondissement de Paris" au cours duquel il aurait, selon une source proche du dossier, "refusé d'obtempérer aux demandes de s'arrêter et manqué de percuter une fillette dans sa fuite".

Sur les vidéos de son interpellation, diffusées sur les réseaux sociaux et présentées au tribunal, on entend le prévenu, maintenu au sol par trois policiers, crier des injures alors que les agents tentent de lui passer les menottes. Lors de son procès, il avait présenté ses excuses au tribunal, se disant "désolé pour tout ce qui s’est passé".

Ces injures "n'étaient pas destinées aux policiers. Jamais j'ai parlé mal de la police", s'était-il défendu. "Je reconnais à peu près tout, mais pas d'avoir insulté les policiers", avait-il déclaré.

"La peur de la police"

Tandis que le parquet avait dénoncé "le sentiment de toute-puissance" du rappeur à l'égard de la société, son avocate avait mis en avant "la peur de la police":

"Chez certains jeunes, dans certains quartiers, quand ils voient la police, leur réflexe c'est de partir."

Ce jeudi, elle se dit satisfaite de la décision, mais regrette que le tribunal ne se soit pas d'avantage penché sur les conditions de son arrestation:

"Je reste persuadée que son interpellation, le jour où il a été placé au sol, ne s’est pas déroulé dans des conditions normales", souligne-t-elle.

Dans l'attente de la réception du jugement complet, l'avocate se réserve le droit de faire appel. Ce jugement est un soulagement pour l'artiste, mais "il y a une autre affaire qui le vise, ce n’est donc pas un point final" aux procédures judiciaires, rappelle Elise Arfi.

Une enquête a en effet été ouverte en septembre dernier par le parquet de Paris pour violences volontaires, agressions sexuelles, menaces de mort mais aussi séquestration, après le dépôt de plaintes de plusieurs jeunes filles contre le rappeur.

Esther Paolini Journaliste BFMTV