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Le multirécidiviste Luc Tangorre retourne en prison à Lyon

Luc Tangorre en 1988.

Luc Tangorre en 1988. - JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Condamné pour viols en 1983, Luc Tangorre avait été partiellement gracié par François Mitterrand en 1987. Il était sous contrôle judiciaire depuis août 2018 pour une tentative d’agression sexuelle un an auparavant.

Luc Tangorre, condamné pour viols en 1983, partiellement gracié par François Mitterrand avant de récidiver, a été placé jeudi à Lyon en détention provisoire dans un autre dossier. Il était sous contrôle judiciaire depuis août 2018 dans le cadre de sa mise en examen pour tentative d'agression sexuelle un an auparavant à Saint-Martin-en-Haut, dans le Rhône, sur une jeune fille de 14 ans.

Une caresse sur la main

Alors qu'il avait l'interdiction d'entrer en contact avec l'adolescente, Luc Tangorre l'a croisée à deux reprises en décembre 2018 et en juin 2019. A cette première occasion, le sexagénaire avait été servi par la victime qui effectuait un stage dans une boulangerie et il avait profité qu'elle lui rendait la monnaie pour lui caresser la main.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon a estimé jeudi que même si ces rencontres étaient "purement fortuites", le mis en examen "a volontairement pris contact" avec la jeune fille. Elle a ainsi révoqué son contrôle judiciaire et ordonné son placement en détention provisoire.

En 1983, le premier procès de Luc Tangorre avait suscité un vif intérêt médiatique. L'accusé, alors étudiant en sport, avait toujours nié les faits qui lui étaient reprochés, criant à l'erreur judiciaire après sa condamnation à 15 ans de prison pour quatre viols, une tentative et six attentats à la pudeur commis dans les quartiers Sud de Marseille entre 1979 et 1981.

Condamné à 18 ans de prison

Une partie de la presse et un comité de soutien avaient alors pris la défense de ce "coupable à tout prix", comme l'avait désigné la chercheuse du CNRS Gisèle Tichané dans un livre paru sur l'affaire. Suite à cette mobilisation, Luc Tangorre avait obtenu une grâce partielle présidentielle de François Mitterrand en 1987. 

Alors qu'il était en liberté depuis quelques mois, Luc Tangorre avait récidivé en violant deux touristes américaines lors du week-end de la Feria de Nîmes à la Pentecôte 1988. Il sera condamné pour ces faits à 18 ans de prison.

Il doit comparaître le 12 septembre à Nîmes pour une affaire d'agression sexuelle sur trois fillettes au Grau-du-Roi en 2014.

Benjamin Rieth