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Le domicile breton du président de l'Assemblée nationale visé par un incendie "volontaire"

Édouard Philippe et Benjamin Griveaux ont apporté leur soutien au président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, et vivement dénoncé cet "acte odieux".

Le domicile breton du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a été visé par un incendie "volontaire", a-t-on appris ce vendredi soir dans un communiqué publié sur le site de l'Assemblée.

"Alors que le Président de l’Assemblée nationale assistait ce jour à Rennes, aux côtés du Premier ministre, à la signature du pacte d’accessibilité et du contrat d’action publique pour la Région Bretagne, un voisin constatait que son domicile situé à Motreff, dans sa circonscription du Finistère, avait fait l’objet d’un incendie volontaire", détaille le communiqué de l'Assemblée

Il précise ensuite que "la Gendarmerie nationale (a) découvert sur place une couverture, un résidu de pneumatique, et une torche artisanale imbibée de carburant, l’origine criminelle ne semble pas faire de doute" .

"Rien ne justifie les intimidations"

Dénonçant "un acte grave", le président LaREM de l'Assemblée nationale, a dit porter plainte vendredi soir. Sur Twitter, Richard Ferrand a publié deux clichés du domicile en partie incendié accompagnées d'un message. "Rien ne justifie les intimidations, rien ne justifie les violences et les dégradations."

Dans la soirée, le chef de l'État Emmanuel Macron a déclaré sur Twitter: "Rien ne légitime la violence ou l’intimidation à l’égard d’un élu de la République. Toute ma solidarité envers @RichardFerrand et ses proches".

Une grande partie des membres du gouvernement ont également fait part de leur solidarité à l'égard de Richard Ferrand, parmi lesquels Édouard Philippe qui a réagi sur Twitter: "Honte à ceux qui commettent de tels actes. Et soutien amical au Président de l’Assemblée nationale et à sa famille" a écrit le Premier ministre.

Soutien de la classe politique 

"Intimidations, menaces, incendies... Des actes indignes et odieux. Soutien à @RichardFerrand que je sais solide comme le granit breton" a réagi de son côté le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a lui-aussi apporté son "total soutien" à son collègue, ainsi que la ministre de la Santé Agnès Buzyn, la ministre du Travail Muriel Pénicaud, et le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a quant à lui dénoncé un "acte odieux".

"Total soutien à mon ami @RichardFerrand suite à l’acte odieux commis à son domicile. Ceux qui intimident, menacent, agressent, vandalisent, brûlent, n’auront jamais le dernier mot en démocratie. Jamais. Nous sommes la République et nous les combattrons sans relâche" a écrit Benjamin Griveaux sur Twitter.

"C'est extrêmement choquant" a déclaré sur notre antenne le ministre de la Transition Écologique François de Rugy. La secrétaire d'État chargée de l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a considéré quant à elle que s'attaquer à un élu, "c'est comme s'attaquer à la République". "Le débat d'idées ne devrait jamais devenir un affrontement comme cela est le cas" a-t-elle ajouté.

L'opposition a elle-aussi exprimé son soutien au président LaREM du Palais Bourbon. Sur Twitter, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a "condamné ces faits avec la plus grande vigueur" et évoque "un acte extrêmement grave et totalement inadmissible".

Le député insoumis Alexis Corbiére a dit sur le réseau social "exprimer (sa) solidarité" à Richard Ferrand", tout comme Adrien Quatennens. La présidente LR d'Ile de France Valérie Pécresse, Le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, ex-LR, a jugé "inacceptable" cet incendie, "qui ne doit pas rester impuni".

Une enquête ouverte par le parquet de Brest

Le procureur de Brest Jean-Philippe Recappé, a déclaré que, selon les premiers éléments "il s'agit d'un incendie criminel. Cela ne fait aucun doute. on trouve un reste de pneumatique, visiblement du carburant".

"C'est un voisin qui s'est aperçu que quelqu'un a voulu mettre un incendie, il s'en est aperçu vers 14 heures. Ce n'est pas une résidence principale, cette maison n'était pas habitée", a ajouté le procureur qui n'était pas en mesure de dire quand les faits ont été commis.
"Un volet a explosé la vitre, cela s'est arrêté là. Il n'y a pas de tag qui permettrait de mettre en lien avec les gilets jaunes, pas de revendications, pas de pénétration hostile dans la maison", a ajouté Jean-Philippe Recappé qui a confirmé l'ouverture d'une enquête.

Plusieurs domiciles et permanences d'élus de la majorité présidentielle ont été dégradés depuis le début du mouvement des gilets jaunes et certains d'entre eux ont fait l'objet de menaces, sur les réseaux sociaux mais aussi près de leurs domiciles. 

Richard Ferrand avait déclaré début janvier que ces "manoeuvres d'intimidation n'avaient pas leur place en démocratie" en apportant son soutien à plusieurs députés visés.

Jeanne Bulant avec AFP