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Le directeur de théâtre qui a foncé sur l'Elysée admis en psychiatrie

Attilio Maggiulli, directeur du théâtre de la Comédie italienne, à Paris le 5 mai 2003.

Attilio Maggiulli, directeur du théâtre de la Comédie italienne, à Paris le 5 mai 2003. - -

Ce jeudi à Paris, Attilio Maggiulli a percuté volontairement les grilles du palais de l'Elysée avec sa voiture. Il voulait faire parler de lui et surtout de son théâtre, qui connaît de grosses difficultés financières.

Juste avant de passer à l'acte jeudi, et de foncer sur les grilles de l'Elysée en voiture, Attilio Maggiulli, 67 ans, était en train de craquer, selon ses proches. Il a d'ailleurs été admis dans la nuit de jeudi à vendredi à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris, selon une source judiciaire.

Le petit théâtre parisien de la Comédie italienne, dans le quartier Montparnasse, représente toute sa vie. Il a fondé cet établissement avec sa femme il y a quarante ans. Ces dernières années, le simple fait de maintenir les portes ouvertes est un parcours du combattant.

"Les subventions diminuant, ça commence à nous étrangler un peu trop… Visiblement il a pété un câble " explique Claudine Simon, assistante de la Comédie italienne, au micro de BFMTV, la voix étranglée par l'émotion.

L'enquête reste ouverte

Privé des subventions versées par le ministère de la Culture depuis deux ans, la Comédie italienne bénéficie uniquement des 15.000 euros que lui verse la mairie de Paris, et des recettes sur les entrées de la salle.

Une somme évidemment insuffisante, reprend Claudine Simon, et c'est pour cela qu'Attilio Maggiulli est passé à l'acte: "C'est quelqu'un qui est assez nerveux. Depuis le début de l'année, on sentait qu'il était tendu. On voit très bien ce qu'il se passe dans le théâtre, on sait très bien qu'il y a des risques. C'était normal qu'il soit nerveux."

Un fort caractère et des coups d'éclats bien connus de ses proches. Il y a dix ans déjà, le propriétaire des lieux avait entamé une grève de la faim pour sauver son théâtre. Il avait à l'époque réussi à se faire entendre. Il y a deux jours, il avait été interpellé aux abords de l'Elysée après avoir tenté d'immoler par le feu un mannequin Arlequin, symbolisant les problèmes financiers qu'il rencontre, puis relâché sans être inquiété. Cette fois-ci, l'enquête reste ouverte. L'unité spécialisée où il est interné décidera s'il doit recevoir un traitement psychiatrique ou s'il peut au contraire retourner en garde à vue -dans la foulée ou ultérieurement- pour répondre de ses actes.

C.P. (vidéo: Anna Mesguiche)