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Le directeur de la police accusé d'avoir protégé son fils arrêté

Le directeur général de la police nationale Frédéric Péchenard est critiqué pour une intervention qui a empêché des poursuites contre son fils arrêté en état d'ivresse et pour insultes contre un policier. /Photo prise le 28 juillet 2010/REUTERS/Gonzalo Fu

Le directeur général de la police nationale Frédéric Péchenard est critiqué pour une intervention qui a empêché des poursuites contre son fils arrêté en état d'ivresse et pour insultes contre un policier. /Photo prise le 28 juillet 2010/REUTERS/Gonzalo Fu - -

Le directeur général de la police nationale Frédéric Péchenard est critiqué pour une intervention qui a empêché des poursuites contre son fils arrêté en état d'ivresse et pour insultes contre un policier.

Cette affaire accentue la pression sur ce policier nommé à ce poste en 2007 par Nicolas Sarkozy, son ami d'enfance. Il est déjà critiqué pour avoir demandé en juillet une enquête des services de renseignement visant à identifier la source du journal Le Monde qui a publié des extraits d'audition dans l'affaire qui éclabousse le ministre du Travail Eric Woerth pour ses liens avec l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt.

Des documents internes à la police relatant l'incident de 2009, publiés jeudi par Le Parisien, n'ont pas été contestés. Un rapport du commissariat du VIIIe arrondissement daté du 18 février relate qu'il a été donné ordre de ne pas placer en garde à vue le fils de Frédéric Péchenard et de ne pas prévenir le procureur, en contradiction avec les obligations légales. Frédéric Péchenard s'est "déplacé dans les locaux pour récupérer son fils", dit le rapport. Il a ensuite parlé avec le policier insulté et l'affaire n'a pas eu de suite.
D'autres documents montrent que son fils, arrêté alors qu'il roulait sur le trottoir en scooter, avait 0,79 gramme d'alcool par litre de sang et avait déclaré aux gardiens de la paix : "Tu fais qu'un métier de con, je vais te muter à la circulation", puis "Je vais t'exploser, t'es qu'une merde".

PÉCHENARD "NAVRÉ"

Ces faits sont en théorie passibles de prison ferme. Interrogé dans Le Monde, Frédéric Péchenard ne nie pas les faits mais explique avoir agi en tant que père. "J'étais évidemment navré, je me suis excusé. Cette affaire qui sort 18 mois après les faits dans le contexte actuel n'a qu'un but, me salir", dit-il.

Les syndicats Synergie et Alliance lui ont exprimé leur soutien, le second, proche de la majorité, parlant d'"opération de déstabilisation". Le Syndicat national des officiers de police (SNOP) parle d'"affaire banale".

Une porte-parole du parquet de Paris a déclaré que les faits qui lui avaient été cachés étaient toujours susceptibles de poursuites. Il n'a pas dit s'il allait en engager. Le procureur de Paris Jean-Claude Marin a demandé à Frédéric Péchenard la communication des éléments ayant permis d'identifier la source présumée du Monde dans l'affaire Woerth-Bettencourt, un magistrat en poste au ministère de la Justice, David Sénat.

Dans les médias, Frédéric Péchenard dit que les services de renseignement sont parvenus jusqu'à cet homme en consultant le relevé détaillé de ses communications téléphoniques, ce qui est potentiellement irrégulier s'il n'y a pas eu d'autorisation. L'opposition de gauche suspecte des écoutes téléphoniques illégales et parle de "scandale d'Etat". David Sénat, qui a été écarté de son poste, est censé avoir remis au Monde un procès-verbal d'audition mettant en cause le ministre du Travail Eric Woerth.