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Le coup de folie d'un père jugé en appel pour avoir voulu tuer femme et enfant

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- - Illustration - Archives AFP

Il avait attaqué femme et enfant avec un hachoir, avant de faire exploser le pavillon familial de Corbeil-Essonnes: Huu-Tri Baze, condamné en première instance à 15 ans de réclusion criminelle, est jugé en appel à partir de mercredi aux assises de Bobigny. Ce père de famille de 57 ans avait été condamné en juin 2015 par la cour d'assises de l'Essonne pour double tentative de meurtre. 

Les faits remontent à novembre 2013. Ce jour-là, Huu-Tri Baze attend sa femme, qui vient de demander le divorce, en buvant du whisky. Lorsqu'elle arrive au domicile avec leur fils de 13 ans et un neveu de 23 ans, il l'interroge, inquiet: est-elle allée voir un avocat ? 

"Je vais vous tuer!"

Pas de réponse. Il s'empare alors d'un bâton à vis, d'ordinaire destiné à condamner la porte de la cave, et la frappe au corps et au visage. Désarmé par les deux garçons, il se saisit ensuite d'un hachoir de boucher et menace son neveu, qui réussit à s'échapper.

La mère et le fils se réfugient dans une chambre à l'étage. Fou de rage, le père les poursuit et parvient à transpercer la porte avec son hachoir, hurlant "je vais vous tuer!".

Il s'interrompt quand la police sonne à la porte, alertée au téléphone par les victimes. Il part ouvrir le gaz pour faire sauter la maison. Selon les témoins présents, une énorme explosion retentit: le toit et un mur du pavillon familial s'effondrent en partie, mais, miracle, n'occasionnent que des blessures légères.

La femme aurait subi des violences conjugales

L'accusé qui avait dit vouloir emporter sa famille avec lui dans un "suicide collectif", avait reconnu les faits en première instance et avait demandé pardon.

Une expertise psychiatrique, contestée par les parties civiles, avait conclu à une altération partielle de son discernement en raison de son éthylisme chronique et de tendances suicidaires, altération que la cour avait reconnu lors du verdict de 2015.

La femme de cet employé à l'aéroport d'Orly, qui a fui le Vietnam en 1977, affirme avoir été victime de violences conjugales.

"Mes clients ne sont pas dans la haine", a expliqué à l'AFP Carole Vanderlynden, avocate des parties civiles. "Ils veulent tourner la page", ajoute-t-elle, et "espèrent que la peine sera confirmée en appel". L'avocat de la défense n'a ou être joint.

G.D. avec AFP