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La justice valide la construction d'une école musulmane à Albertville, contre l'avis du maire

La mairie d'Albertville, en Savoie (PHOTO D'ILLUSTRATION)

La mairie d'Albertville, en Savoie (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Google Street View

Derrière cette future construction d'une école primaire privée, se trouve la même association à l'origine du projet de mosquée à Strasbourg, la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG) proche de la Turquie.

Le tribunal administratif de Grenoble a obligé le maire d'Albertville (Savoie) à autoriser la construction d'une école primaire privée à l'initiative de la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG), proche de la Turquie, a appris l'Agence France-Presse (AFP) ce vendredi.

La décision rendue mardi annule le refus du permis de construire, qui avait été déposé en 2019 par l'association pour implanter une école de 400 élèves dans cette ville d'environ 20.000 habitants. Le tribunal a estimé que les motifs avancés par la mairie, portant notamment sur les places de stationnement, n'étaient pas recevables. Il donne deux mois à cette dernière pour délivrer le permis de construire.

Dans une tribune publiée vendredi par Le Figaro, le maire (sans étiquette) Frédéric Burnier-Framboret, a vivement regretté cette décision, dont il pense faire appel. Il se dit "démuni" pour "contrer l'installation d'associations ou d'entreprises pilotées par des puissances étrangères, qui favorisent une cristallisation identitaire au coeur de nos territoires".

Le recours au Code de l'urbanisme était "le seul moyen législatif" à sa disposition pour s'opposer à la construction de cette école, a-t-il fait valoir auprès de l'AFP.

La même association derrière la mosquée de Strasbourg

Avec le projet d'accueillir 400 élèves, l'établissement serait "de nature à mettre en péril les classes, voire les écoles" d'Albertville, qui en accueillent aujourd'hui environ 1200. Un projet de moindre envergure "aurait pu être discuté" mais l'édile dit avoir reçu "une fin de non-recevoir" de la CIMG.

Cette association est aussi à l'origine d'un projet de mosquée à Strasbourg, pour laquelle la municipalité écologiste a voté le 22 mars le "principe" d'une subvention de plus de 2,5 millions d'euros, s'attirant de très vives critiques du gouvernement.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait dénoncé "une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l'islam de France et qui défend un islam politique".

Jeudi, lors de l'examen du projet de loi sur le séparatisme, le Sénat a voté un amendement du gouvernement qui prévoit d'obliger les collectivités à informer le préfet, trois mois au préalable, avant toute subvention pour la construction d'un lieu de culte.

L'école en projet à Albertville "ne peut qu'inciter au communautarisme", estime le maire. Il précise qu'elle s'installerait à côté d'une mosquée gérée par l'antenne locale de CIMG, avec laquelle il assure avoir "de bonnes relations".

Le président de CIMG France se défend

Les propos du maire sont "aussi tendancieux qu'inexacts", a rétorqué Fatih Sarikir, président de CIMG France, dans un communiqué transmis vendredi soir.

L'école qu'il souhaite construire "ne sera ni 'islamiste' ni 'turque'" mais "une école confessionnelle hors contrat comme il y en a déjà tant en France, la plupart catholiques ou juives", ajoute-t-il en espérant que son établissement pourra passer sous contrat après le délai légal de cinq ans.

Le responsable balaie l'argument de la concurrence scolaire, sauf à vouloir "fermer toutes les écoles privées", et dénonce, derrière le "prétexte" du stationnement pour bloquer son projet, "l'hypocrisie" de Frédéric Burnier-Framboret et "son obsession avec nos origines".

"Je ne suis pas le représentant d'un pays étranger. Je suis autant Français que vous, ne vous en déplaise", conclut Fatih Sarikir.
Jé. M. avec AFP