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La "gourou de Lisieux" condamnée à cinq ans de prison ferme

Françoise Dercle, le 15 octobre 2013, à la cour d'appel de Caen.

Françoise Dercle, le 15 octobre 2013, à la cour d'appel de Caen. - -

Françoise Dercle, 57 ans, a été condamnée en appel mercredi à Caen pour avoir notamment imposé des relations sexuelles à des tiers, et leur avoir soutiré de l'argent.

Elle se faisait appeler "la Reine", et organisait des "mêlées célestes", cérémonies lors desquelles elle imposait à ses "disciples" des relations sexuelles, parfois même incestueux, pour "chasser le démon". Une femme de 57 ans a été condamnée mercredi en appel à Caen à cinq ans de prison ferme, soit douze mois de plus qu'en première instance, pour avoir été le gourou d'une secte à Lisieux, dans le Calvados.

La cour a aussi délivré un mandat d'arrêt contre la prévenue, Françoise Dercle, car cette ancienne professeur d'anglais était absente à l'énoncé de l'arrêt mercredi, après avoir comparu libre lundi et mardi. Elle n'a en revanche pas obligée l'accusée à suivre des soins.

Les enfants de la prévenue ne fréquentaient pas la secte et elle-même menait une vie normale en dehors de la secte où elle faisait et défaisait les couples selon son bon vouloir lors de séances de "navigations", rapports sexuels de plusieurs couples dans une même pièce, selon le parquet général. "Un des summum, c'est que vous avez obligé une mère à avoir des relations sexuelles avec ses enfants (alors adultes, ndlr) dont un était lourdement handicapé", s'était indigné lundi le président de la cour, Henri Ody.

"On ne va pas l'aider à descendre de l'arbre"

La prévenue ne s'est pas démontée. "Dans cette effusion de l'esprit (où nous étions), beaucoup de notions changent", avait déclaré Françoise Dercle, très sûre d'elle face à la cour, retournant les questions et demandant aux avocats s'ils étaient là pour lui faire la morale. Durant les faits, qui se sont déroulés du 1er janvier 2002 à juin 2007, elle a perçu au moins 400.000 euros des membres de son association.

L'une des neuf parties civiles au procès s'est dit satisfaite de l'arrêt mais a souligné la nécessité, selon elle, d'arrêter rapidement Françoise Dercle. "On est persuadé qu'elle recommencera. Elle est dangereuse", a dit cet homme d'une trentaine d'années. A Lisieux, une vingtaine de personnes étaient parties civiles.

Interrogé par téléphone, Me Eric Schneider, l'avocat de Françoise Dercle a trouvé "pas surprenant" les cinq ans de prison mais il s'est étonné en revanche que la cour n'ait pas ordonné d'obligation de soins comme l'avait fait le tribunal de Lisieux. "Dans cinq ans, elle sort et rien n'aura été fait pour l'aider à descendre de l'arbre", a-t-il dit, refusant de répondre à la question de savoir où se trouvait sa cliente et quelles étaient ses intentions.

A. G. avec AFP