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La famille du conducteur de scooter mort lors d'une interpellation à Paris porte plainte

Lors d'une conférence de presse ce mardi, les avocats de la famille du livreur mort à la suite d'une interpellation ont annoncé avoir déposé plainte pour "violences volontaires ayant entraîné la mort".

Les avocats de la famille du conducteur de scooter mort après une intervention policière à Paris annoncent avoir déposé plainte ce mardi, avec constitution de partie civile, pour "violences volontaires ayant entraîné la mort". Ils dénoncent une version policière "vaseuse".

"Irrespectueux et agressif"

Vendredi matin, les policiers arrêtent un homme qui téléphone alors qu'il conduit son scooter, à l’angle du quai Branly et de l’avenue de Suffren (7e et 15e arrondissement). Lors de son interpellation, il fait un malaise cardiaque et est transporté d'urgence à l'hôpital Georges-Pompidou. Il meurt finalement dans la nuit de samedi à dimanche.

Âgé de 42 ans et père de cinq enfants, Cédric C. se serait montré "irrespectueux et agressif" assurent des sources policières auprès de BFMTV. 

Selon une première vidéo diffusée ce mardi lors d'une conférence de presse, Cédric C. apparaît casqué en train de tourner nerveusement autour des policiers en les filmant.

Un placage ventral polémique

Une autre vidéo le montre ensuite au sol à plat ventre, toujours casqué, se débattant sous le poids de trois policiers qui tentent de le maîtriser. Les images ne montrent pas le moment où ils tombent au sol mais "deux témoins indiquent qu'il a subi une clé d'étranglement", affirme Me Arié Alimi, un des avocats de la famille.

"Il ne s'agit pas d'un malaise cardiaque spontané mais il est lié à une hypoxie, une privation d'oxygène", a ajouté l'avocat, pointant la possible responsabilité de "ce placage ventral", une technique d'interpellation régulièrement décriée. "Il n'avait strictement aucun problème cardiaque, il faisait seulement un peu d'hypertension", indique par ailleurs l'avocat.

"Il n'y aucun doute sur le fait que les modalités d'interpellation -la clé, le placage ventral, l'étouffement- était inapproprié et hors de proportion", estime Me William Bourdon, autre avocat de la famille.

Une "bavure policière est dramatique"

"Cette bavure policière est dramatique, un juge d'instruction indépendant doit être désigné au plus vite", a-t-il ajouté alors que l'enquête en "recherche des causes de la mort", confiée à l'IGPN, est toujours menée par le parquet de Paris.

Lundi soir, le parquet de Paris avait indiqué attendre encore les conclusions de l'autopsie pratiquée un peu plus tôt dans la journée. En parallèle, "l'IGPN a procédé à l'exploitation des premiers enregistrements de vidéo", "d'autres vidéos devraient par ailleurs être recueillies" ainsi que plusieurs auditions de témoins, avait précisé le parquet.

Justine Chevalier, Esther Paolini avec AFP