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L'homme qui a tenté de foncer sur des militaires en Isère déjà condamné 25 fois

Les quartiers militaires de Varces-Allières-et-Risset, dans l'Isère, le 29 mars 2018.

Les quartiers militaires de Varces-Allières-et-Risset, dans l'Isère, le 29 mars 2018. - Jean-Pierre Clatot - AFP

Le procureur de la République de Grenoble a déclaré ce jeudi après-midi que le conducteur ayant tenté de foncer sur des militaires dans la matinée en Isère était "inconnu des services de lutte antiterroriste", et que l'affaire n'était "manifestement pas une tentative d'homicide".

Le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, a fait le point ce jeudi après-midi sur l'altercation entre un conducteur et des militaires dans la matinée près d'une caserne de Varces-Allières-et-Risset, en Isère. "Nous ne sommes pas dans une affaire de terrorisme, très clairement", a tranché le procureur devant les journalistes.

Au vu des premiers éléments de l'enquête, "nous sommes dans une triste et banale affaire de violences avec un individu qui a un passé judiciaire, malgré son jeune âge, déjà extrêmement important", a-t-il poursuivi.

Le conducteur, qui a pris la fuite avant d'être interpellé à la mi-journée, présente en effet "25 condamnations à son casier judiciaire, dont une partie quand il était mineur". Ces condamnations concernent des faits de droit commun, "essentiellement pour des faits de vol, de violence, de rébellion ou des infractions routières".

A la suite de ces condamnations, il a effectué deux longs séjours en prison, entre novembre 2012 et novembre 2015, puis entre mars 2016 et décembre 2017. Né en septembre 1994, l'individu est âgé de 23 ans.

"Aucune radicalisation n'a été remarquée"

"Aucune radicalisation n'a été remarquée pendant ces périodes de détention", a assuré Jean-Yves Coquillat. "Il est d'ailleurs complètement inconnu de tous les services chargés de la lutte antiterroriste (et) n'a jamais attiré l'attention dans ce domaine", a-t-il poursuivi.

Ce jeudi matin à Varces-Allières-et-Risset, "à aucun moment il n'a été fait allusion à des cris du style 'Allahou akbar' ou des choses comme ça", a rapporté le procureur. "Le conducteur (...) a proféré des cris, des hurlements" auprès d'un premier groupe de militaires, en arabe, puis des "insultes" à l'encontre d'un deuxième.

"Un coup de volant pour (les) effrayer"

Un des militaires, arabophone, a rapporté que le conducteur l'aurait traité de "fils de pute" et de "sale Français", a précisé Jean-Yves Coquillat.

D'après le récit du ministère public, "les militaires ont continué leur chemin en direction de la caserne, l'individu a fait demi-tour et à ce moment-là, a foncé sur eux. (...) Il a foncé dans leur direction mais il ne les a pas percutés, les militaires n'ont pas eu à sauter, ils se sont écartés, ils sont restés sur le trottoir et ont continué leur chemin".

Un récit corroboré par les déclarations de deux des militaires présents sur place, qui rapportent que le conducteur a donné "un coup de volant pour (les) effrayer", puis "un bon coup de volant pour se rabattre plus sur la route", sans monter sur le trottoir où ils se trouvaient.

"On n'est manifestement pas dans une tentative d'homicide", a conclu le procureur de Grenoble. "Tout au plus dans des violences avec armes, et peut-être des menaces", même si celles-ci n'ont pas été "clairement perçues ni comprises".

Le suspect a été interpellé endormi dans le véhicule dans un quartier de Villeneuve-sur-Grenoble. Sa compagne a été placée en garde à vue. Propriétaire de la voiture, elle s'est présentée ce matin à son travail avec "un oeil au beurre noir (...) accompagnée d'un homme (...) assez excité et d'après des témoins, (qui) semblait sous l'emprise de l'alcool", a précisé Jean-Yves Coquillat.

Une perquisition était toujours en cours ce jeudi en fin d'après-midi et le conducteur n'avait pas encore été entendu.

Liv Audigane