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L'ex-urgentiste Nicolas Bonnemaison: "Je ne suis pas un assassin"

Nicolas Bonnemaison a été condamné à deux ans de prison avec sursis

Nicolas Bonnemaison a été condamné à deux ans de prison avec sursis - Georges Gobet - AFP

Condamné à deux ans de prison avec sursis pour avoir abrégé la vie d'une patiente âgée, Nicolas Bonnemaison se confie pour la première fois dans la presse depuis sa tentative de suicide. S'il va mieux, il se défend d'être "un assassin".

Il dit aujourd'hui aller "mieux, mais pas encore bien". Nicolas Bonnemaison, l'ex-urgentiste condamné à deux ans de prison avec sursis pour avoir abrégé la vie d'une de ses patientes, se confie pour la première fois dans Sud Ouest depuis qu'il a tenté de mettre fin à ses jours. Le 31 octobre dernier, le praticien faisait une tentative de suicide quelques jours après l'annonce du verdict.

Une "volonté d'en finir"

Il avait été retrouvé inanimé dans sa voiture, moteur allumé après avoir absorbé des médicaments et inhalé des gaz d'échappement. A ce moment, Nicolas Bonnemaison explique qu'il avait "vraiment la volonté d'en finir". Aujourd'hui, même s'il ressent "une intense fatigue psychique", il dit ne plus être dans cet état d'esprit et va mieux. 

Revenant sur le verdict de son procès en appel, l'ancien urgentiste ne comprend et n'accepte toujours pas. "Je ne suis pas un assassin" se défend-il, disant n'avoir "rien inventé" en abrégeant la vie d'une patiente. Il ajoute: "Je l'ai vu faire dans tous les services où je suis passé pendant ma carrière". 

Un "verdict sans queue ni tête" 

D'abord jugé à Pau en 2014, Nicolas Bonnemaison avait été acquitté à l'issue de ce procès puis radié par l'ordre des médecins d'Aquitaine. Rejugé devant la cour d'assises du Maine-et-Loire, il avait été reconnu coupable d'avoir délibérément donné la mort à une patiente en fin de vie. Il était jugé pour sept "empoisonnements" de patients âgés incurables en 2010 et 2011. 

L'ancien praticien dénonce un "verdict sans queue ni tête qui ne peut que contribuer à déstabiliser et à fragiliser le corps médical". Il s'interroge:

"Pourquoi le Parquet général de Pau a fait appel du premier verdict d'acquittement? Y a-t-il eu des consignes et, si oui, qui les a données? J'ignore d'où cela vient".

Une certitude demeure pour Nicolas Bonnemaison : "Tout ce que je sais, c'est que pendant quatre ans, ils m'ont fait vivre un enfer". 

Mélanie Longuet